Le Likoud d'hier et d'aujourd'hui

On posait autrefois la question : qui est un « Likoudnik » ? La réponse était : celui qui porte une kippa dans sa poche et la pose sur son front quand l'occasion l'exige — lors d'un événement heureux ou triste, ou là où des versets sacrés sont récités. Le Likoudnik respectueux de la tradition juive coiffait alors sa kippa le temps d'un instant. Aujourd'hui, la situation est différente.

Nombreux sont les Likoudniks qui portent la kippa au quotidien ; des religieux donnent le ton dans ce mouvement national-libéral qui existait jadis et n'existe plus. Tout candidat désireux d'être élu sur la liste du Likoud à la Knesset ou à tout autre poste public doit lorgner vers le large électorat des membres religieux du parti.

La loi fondamentale sur l'étude de la Torah : entre ambiguïté et instrumentalisation

Que cache cette formulation glissante ? Qui s'oppose à sa première partie ? Peut-être seulement les laïcs par appétit, ceux qui répugnent à tout signe religieux — et ils sont nombreux. Ne nous y trompons pas : c'est la seconde partie qui est l'objectif des initiateurs de la loi, et son sens est le suivant : l'étude de la Torah dans les yeshivot équivaut au service militaire, sur le plan des valeurs comme sur le plan budgétaire. Les membres de la faction du Likoud ont peut-être tenté, lors du vote, de s'apaiser la conscience en s'appuyant sur la première partie du texte proposé.

Si la loi est adoptée lors des deux prochaines lectures, pourquoi limiter l'étude de la Torah aux seules yeshivot ? Pourquoi la loi n'encourage-t-elle pas l'étude de la Torah dans l'enseignement public laïc ? De mon temps d'élève, c'était ainsi. Des cours réguliers étaient consacrés à la Bible et au Talmud. Nous acquérions les notions fondamentales du patrimoine et, Dieu merci, nous ne sommes pas devenus des fanatiques religieux. Nous sommes devenus des adultes qui aiment leur patrie et leur héritage, des combattants, des créateurs, des contributeurs chacun dans son domaine.

Extrémismes des deux bords

L'extrémisme religieux est aussi condamnable que l'extrémisme laïc. Tous deux se considèrent comme la référence absolue et, s'ils en ont le pouvoir, leurs dirigeants tentent d'imposer leur vision à l'ensemble de la société. Les factions ultra-orthodoxes exploitent la fragilité de la coalition pour crever les yeux à l'ensemble du public, extorquant ce qui leur semble bon sans tenir compte de l'état d'urgence.

On reproche sans cesse aux étudiants de la Torah : et qu'en est-il des matières fondamentales ? L'anglais, les mathématiques, l'économie ? Ceux dont la Torah est le métier, dont les occupations et les heures sont entièrement consacrées à l'étude du matin au soir, doivent certes être exemptés des matières fondamentales et du recrutement, comme cela a été établi dès la création de l'État. Tous les autres sont soumis aux matières fondamentales et au service militaire ou civil. Mais leurs dirigeants obstinés leur appliquent aussi la règle abominable : « Mourons plutôt que d'être enrôlés ».

Un anarchisme diasporique incompatible avec l'État moderne

Ils paralysent la Torah et bloquent la circulation lors de manifestations dans le style de Balfour. La religion d'Israël telle qu'ils la représentent éloigne les cœurs et est bien loin de la tradition de la majorité juive dans ce pays. Il est temps d'imposer des sanctions économiques à cette communauté qui encourage la désertion. Et aussi aux réfractaires laïcs.

Je serais heureux de voir des études fondamentales judéo-traditionnelles introduites dans le courant public laïc. Sans l'esprit juif, sans la connaissance des sources et des racines, ne soyons pas étonnés que le phénomène du refus s'étende aussi parmi les jeunes laïcs. En l'absence de savoir et de foi, le doute quant à notre droit d'exister ici se développe en leur sein, et le phénomène d'émigration s'amplifie. La Torah ne doit pas être assimilée à l'ultra-orthodoxie. Nous devons redevenir le peuple du Livre — certes, pas à la façon de la faction de Jérusalem et des factions qui lui sont annexées.

Voir des jeunes manipulés paralyser la Torah et se déchaîner dans les rues — ce n'est pas la religion d'Israël, ni l'amour d'Israël. C'est un anarchisme diasporique qui n'a pas sa place dans l'État juif moderne. C'est une secte de fanatiques extrémistes, menée par des rabbins fanatiques, qui se rendent haïssables aux yeux de tous, méprisent leurs frères laïcs et traditionnels, et font fi de nos combattants qui sacrifient leur vie pour la patrie et tous ses habitants.