Je me définis comme Juif. Cette identité m'est précieuse ; elle me relie à l'histoire et à la culture de mon peuple, ainsi qu'aux valeurs familiales qui me viennent du judaïsme séfarade. C'est précisément depuis cet ancrage que je ne peux plus fermer les yeux face à un groupe toujours plus nombreux d'ultra-orthodoxes extrémistes, qui franchissent la limite et dont les actes m'emplissent d'effroi et de consternation.
Ces gens-là ne sont pas de mon peuple ; je n'ai rien de commun avec eux. Le beau judaïsme du « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » et de la protection de « l'étranger, l'orphelin et la veuve » m'appartient — pas à eux. Je ne peux leur faire confiance, car leur seul objectif est de m'exploiter, moi et mes semblables : si ce n'est par la politique, alors par la force.
Quand la violence frappe à domicile
Des ultra-orthodoxes ont brisé le pare-brise du véhicule devant le domicile de Noam Solberg. Imaginez qu'un tel acte ait été commis contre une famille juive en Europe ou aux États-Unis : quelle aurait été notre réaction ? Avec quelle indignation aurions-nous réagi — à juste titre. Nous l'aurions qualifié de crime de haine et d'antisémitisme. Le fait que cela se soit produit ici, chez nous, commis par « nos frères », rend l'acte encore plus douloureux et m'éloigne davantage d'eux et du judaïsme qu'ils incarnent.
Dans un autre document accablant, on voit un homme juif ultra-orthodoxe âgé brandissant une pancarte contre la conscription des ultra-orthodoxes, qui déclare à propos des soldats de Tsahal : « Je me réjouis qu'ils meurent… Et si mes enfants étaient dans l'armée, je les tuerais ou prierais pour qu'ils périssent. »
Comment en est-on arrivé là ?
Comment en sommes-nous arrivés à une situation où des hommes censés représenter la Torah d'Israël expriment une telle haine, se réjouissent de la mort de soldats — de ceux qui protègent leurs vies — et si ce n'est pas de l'incitation, c'est alors de la stupidité et de l'ignorance.
La combinaison d'une radicalisation verbale et physique avec des revendications financières déconnectées de la réalité creuse un fossé profond qu'il sera très difficile de combler. En tant que Juif et Israélien, je crois en la solidarité mutuelle et au respect réciproque. Mais lorsque le fanatisme extrémiste et la culture du « schnorr » (la mendicité institutionnalisée) remplacent la morale et recourent à la violence, il est de notre devoir de tracer une limite claire et de dire : jusqu'ici, et pas plus loin.