L'intégration d'un plus grand nombre de soldats ultra-orthodoxes dans l'armée est d'une importance capitale. Mais préserver la foi et le mode de vie d'un soldat ne peut se faire au détriment de la liberté et de l'égalité d'une autre. Tsahal sait — et doit savoir — accueillir la diversité des identités qui composent la société israélienne, mais il ne peut tolérer l'exclusion. On ne peut pas envoyer des jeunes femmes défendre le pays, puis leur signifier que dans certains espaces, elles valent moins, elles sont moins libres.

Qui plus est, l'exclusion des femmes au sein de l'armée rejaillit sur l'ensemble de la société israélienne — sur le cheminement des jeunes femmes vers l'âge adulte et sur leur intégration ultérieure dans tous les domaines de la vie. Car si l'on bafoue leurs droits dans l'armée, que leur réserve-t-on pour la suite ?

Il faut couper court à l'exclusion des femmes dès maintenant, car la tolérance envers la discrimination lui permet de s'étendre. Lorsqu'on accepte une « petite » exclusion, elle devient une norme. Et lorsqu'on porte atteinte à l'égalité des soldates, c'est Tsahal tout entier que l'on blesse — ses valeurs et sa puissance. Ce combat n'est pas seulement celui des femmes. C'est le combat de quiconque croit en l'armée du peuple. C'est un combat pour l'image de Tsahal, pour l'image de la société israélienne, pour notre sécurité.

Tsahal doit rester un espace égalitaire, respectueux et sûr pour toutes celles et tous ceux qui y servent. L'armée du peuple est aussi l'armée des femmes. Et nous ne devons accepter rien de ce qui pourrait y porter atteinte.