La leçon de Coré : un leadership au service du peuple

Nous avons récemment lu dans la paracha de la semaine (Coré) le récit d'une crise de foi et de leadership à laquelle durent faire face Moïse et Aaron. L'un des versets les plus saisissants décrit l'action de Moïse et d'Aaron pour sauver leur peuple de l'anéantissement — ce même peuple qui venait de leur causer un tort si grave. Aaron courut « au milieu de l'assemblée » pour arrêter la peste qui s'était abattue sur elle, et se tint entre les morts et les vivants. Telle est la leçon décisive sur un leadership animé par les valeurs du judaïsme et engagé envers la survie du peuple en toute circonstance.

La confusion entre foi et confiance

La frustration face au fossé qui se creuse dans notre pays entre notre foi et ceux qui prétendent la représenter ne cesse de grandir. J'ai entendu récemment un commentateur prétendre expliquer pourquoi ce gouvernement serait plus proche de la tradition que son alternative. Il affirmait que même si Netanyahou avait trahi la « confiance » de la direction ultra-orthodoxe, s'agissant de la « foi », il en serait plus proche que ceux qui cherchent à le remplacer. Cette subtilité est une atteinte grave non seulement à la logique, mais aux fondements mêmes de notre héritage. Sans confiance, il ne peut y avoir de foi — et inversement.

Une faillite qui dépasse le politique

L'échec grave du leadership actuel ne se limite pas au plan de la synthèse judéo-démocratique. Sur le plan juif lui-même, le gouvernement trahit en actes des principes fondamentaux de notre peuple relatifs à la mission, au leadership et à la responsabilité. L'un d'eux est le devoir d'humilité — cette vertu dont Moïse était doté, et sans laquelle il n'aurait jamais mérité d'être le plus grand des prophètes. Il est très difficile de trouver, dans les paroles ou les actes du Premier ministre, de ses ministres et de ses conseillers, la moindre trace d'humilité. Même une expression aussi courante que « à mon humble avis » ne leur échappe jamais. Tout est tranché, évident, juste et victorieux.

Le ministre de la Défense ne rate pas une occasion de faire une déclaration musclée et de promettre à tous les ennemis un sort funeste en termes redondants. Le ministre de l'Éducation ne dira pas une seule fois : « Je dois effectivement tenter d'identifier les défaillances dans la gestion de mon ministère. » Le Premier ministre ne dira jamais, sur aucun sujet : « C'est effectivement une question complexe, je reconnais ne pas avoir pesé tous ses enjeux. » Ces exemples sont bien évidemment formulés avec délicatesse — ils n'exigent même pas l'évidence : une reconnaissance claire de la responsabilité pour les actes commis et les manquements.

La gestion intérieure, révélateur d'une faillite morale

L'échec dans la compréhension du sens spirituel du leadership se manifeste surtout dans les affaires intérieures. Certes, nous souffrons également d'échecs graves en politique étrangère, mais il faut reconnaître que la complexité régionale et mondiale dépasse tout ce que nous avons connu. C'est pourquoi mes propos portent principalement sur la conduite interne : le désintérêt pour les difficultés de larges pans de la population ; le refus de nommer des juges, au prix d'une souffrance supplémentaire pour les citoyens ; le refus de nommer des personnes compétentes et méritantes — et à l'inverse, le rapprochement de personnalités problématiques, jusque dans les bureaux les plus sensibles.