Ce que l'Iran obtient immédiatement, dès la signature du mémorandum
De l'oxygène économique
Le Trésor américain accordera sans délai des exemptions permettant à l'Iran d'exporter librement son pétrole, de réintégrer le système bancaire mondial et de bénéficier de services d'assurance et de transport maritime. Par ailleurs, les États-Unis s'engagent à lever le blocus naval imposé à l'Iran dans un délai de 30 jours. Parallèlement, une libération progressive des avoirs et fonds iraniens gelés à travers le monde — estimés à plusieurs milliards de dollars — sera versée directement à la banque centrale de Téhéran, en fonction de l'avancement des négociations finales.
Une immunité totale contre de nouvelles sanctions
Les Américains se sont engagés à ne pas imposer la moindre sanction supplémentaire durant la période de négociation. L'Iran bénéficie ainsi d'une immunité complète vis-à-vis de toute pression économique nouvelle.
Ce que l'Iran donne en échange, immédiatement et « sur place »
L'Iran accepte un cessez-le-feu et l'arrêt des combats sur tous les fronts, y compris au Liban. Sur le plan maritime, il s'engage à déminer les eaux qu'il avait piégées et à rétablir la libre circulation des navires dans le Golfe. Quant au programme nucléaire, l'Iran ne démantèle pas un gramme d'uranium ; il promet seulement de « maintenir le statu quo » pendant 60 jours et réaffirme qu'il « ne développera jamais d'arme nucléaire » — une promesse dont chacun connaît la valeur réelle.
Ce qui est renvoyé à l'accord final (autrement dit : ce que l'Iran recevra, s'il le souhaite)
Le bilan : qui a joué quoi ?
L'Iran arrive à la table des négociations après avoir déjà arraché la levée du blocus, des licences pétrolières et l'immunité contre les sanctions. Les Américains ont sacrifié leurs leviers de pression les plus puissants dès le premier jour, en échange d'un calme temporaire, tandis que l'Iran se contente de promettre de continuer à parler.
S'agit-il d'un piège diplomatique tendu par Trump aux Iraniens, ou d'une véritable capitulation ? Tout sera jugé à l'issue des 60 jours.
Si l'accord s'effondre ou se retrouve dans l'impasse, les États-Unis feront-ils volte-face et rétabliront-ils la pression économique ? Abandonneront-ils le Golfe, laissant les pays de la région — Qatar, Arabie saoudite, Israël et Émirats — se débrouiller face à l'Iran ? La liberté d'action qu'Israël a exercée en Iran durant ces vingt dernières années sera-t-elle restaurée ? Israël pourra-t-il achever la destruction de la puissance du Hezbollah au Liban ? Ce sont des jours agités, inquiétants et décevants.
Une consolation malgré tout
Une chose, au moins, permet de trouver quelque réconfort : outre les dommages considérables infligés à l'Iran dans son industrie militaire et nucléaire, Israël a également créé au Liban une zone de sécurité (périmètre — zone de neutralisation) vidée de toute population et de tout terrorisme, à partir de laquelle il est impossible de menacer directement les localités du nord du pays. Cela, nous l'avons déjà acquis, et c'est à partir de là qu'il faut planifier la poursuite de la défense de la sécurité d'Israël pour les années à venir.
L'Iran a peut-être reçu de vastes promesses économiques et diplomatiques, mais la réalité sécuritaire sur le terrain a été façonnée dans le sang et les combats — et ces acquis, Israël se doit de les préserver à tout prix.