Le gouvernement israélien et la police israélienne continueront d'enfouir la tête dans le sable, encore et encore — mais il est impossible d'échapper à cette conclusion : une frange particulière et extrémiste du secteur ultra-orthodoxe a constitué un front ouvert contre les institutions de l'État.

A-t-on vraiment pris la mesure de la gravité du problème ? Les hauts responsables chargés du système d'application des lois comprennent-ils l'étendue de leur responsabilité ? À en juger par les réactions anémiques qui ont suivi l'attaque contre le domicile du juge Solberg, il semble que non. Toujours la même prudence excessive dans la formulation des réponses. Toujours la même mollesse capitularde. « Arrêtez avant qu'il ne soit trop tard », dit le président de l'État — ce qu'il aurait dû dire il y a deux ans déjà.

La réaction la plus insultante et la plus servile provient précisément de l'autorité judiciaire elle-même. Elle dit « voir avec une très grande gravité la manifestation violente survenue à proximité du domicile du vice-président de la Cour suprême ». Il s'agit, selon elle, d'« un événement dépassant les limites de la protestation légitime ». Quelle réponse agréable et touchante. Une attaque destructrice et violente contre la cour de la maison du vice-président de la Cour suprême, ils l'appellent une « manifestation » — blanchissant ainsi l'abomination. Ne comprennent-ils vraiment pas la différence entre une protestation et une attaque malveillante et violente perpétrée par des émeutiers ?

Il n'y a plus de place pour les faux-semblants. L'écriture est sur le mur. Il n'y a plus de place pour une politique de capitulation et de tolérance. Et le problème ne se résoudra pas par la pédagogie. Tous les responsables de l'application de la loi doivent unir leurs forces et combattre ce phénomène. Une détermination absolue est indispensable, car il n'y a pas d'autre voie.