La dissonance était criante. Bennett parle de Téhéran, et les journalistes l'interrogent sur les sondages. Bennett tente d'afficher l'importance d'un leader au cœur d'une crise mondiale, tandis que les journalistes le traitent comme un politique qui se bat pour sa survie au sein d'un bloc où il est en train de devenir hors-jeu.
Bennett lui-même semble parfaitement conscient que le sable de son sablier s'écoule inexorablement. Ce privilège — convoquer une conférence de presse dramatique, se tenir derrière un pupitre et parler avec autorité du destin de la nation — est sur le point de prendre fin. Il comprend que très bientôt, le bloc qu'il aspirait à diriger trouvera vraisemblablement un nouveau visage, celui d'un nouveau leader qui monte dans les sondages et lui souffle dans le cou.
Tandis que Netanyahou continue d'imposer l'agenda autour des questions d'existence et de sécurité, Bennett, lui, se retrouve à batailler pour des minutes d'antenne durant lesquelles il est contraint d'expliquer pourquoi il est encore pertinent. Cette conférence de presse n'était pas sur l'Iran — c'était l'enterrement politique du statut de Bennett en tant que figure sécuritaire et étatique de premier plan. Et la preuve que, même lorsqu'il tente de parler de la bombe iranienne, les journalistes ne voient que la bombe politique qui tic-taque chez lui.