Bien qu'un reportage exactement de ce type ait été diffusé il y a peu, il semble qu'en ce moment, un processus inverse soit en train de se produire. Ceux qui méprisent l'intelligence des électeurs de droite en général, et des électeurs du Likoud en particulier, sont précisément les ministres en exercice et les commentateurs identifiés au parti.
Prenons par exemple la ministre des Transports Miri Regev. Récemment, elle s'est désolidarisée en direct du slogan de la « victoire absolue », déclarant que personne n'avait jamais vraiment pensé, l'espace d'un instant, qu'il était possible de démanteler le Hamas. Les poumons de nos soldats réservistes sont encore pleins de la poussière de Gaza, des familles entières ont sacrifié leur vie sur l'autel de cette promesse — mais la ministre sénior nous explique qu'on nous a roulés dans la farine. Ce n'est plus un lapsus : c'est la révélation d'une vision du monde. L'attente que la base de droite, qui est partie se battre et a soutenu le gouvernement dans ses moments les plus difficiles, accepte ce changement de narratif dans la soumission et sans poser de questions.
La farce de la loi sur la conscription
Ou regardez la campagne que mène le Likoud autour de la loi sur la conscription. D'un côté, on actionne un rouleau compresseur agressif contre les « rebelles » au sein du parti, des députés comme Yuli Edelstein et Dan Illouz. La députée Kati Shitrit, par exemple, a été interviewée cette semaine sur la radio Kol Barama et a récité mot pour mot la feuille de messages menaçants. Elle a déclaré que quiconque au Likoud ne voterait pas pour la loi sur la conscription paierait un lourd tribut, et que celui qui provoquerait la chute du gouvernement le paierait aux primaires.
Mais la réalité politique est pourtant connue de tous. La Knesset est de toute façon sur la voie de la dissolution, et avec la demande prévisible de Netanyahou d'obtenir de larges « blindages » sur la liste électorale, il est parfaitement clair que des députés comme Edelstein et Illouz ont déjà été désignés à l'avance. Ils seront éjectés d'une façon ou d'une autre, comme c'est la coutume en politique — la menace de leur éviction n'est donc rien de plus qu'une mise en scène creuse pour les médias.
Le cas Gallant : le mépris porté à son comble
Cette mise en scène atteint son paroxysme lorsqu'on se souvient de Yoav Gallant. Pour mesurer à quel point le système méprise l'électeur, il suffit d'écouter les enregistrements révélés par la Chaîne 13, dans lesquels le Premier ministre reconnaît en privé devant des représentants ultraorthodoxes que le ministre de la Défense a été limogé en pleine guerre précisément pour lever l'obstacle sur la loi sur la conscription. Le message à l'électeur de droite est retentissant : devant les caméras, on vous parle de gestion de guerre et d'unité du camp, mais dans les coulisses, on sacrifie le ministre de la Défense pour faire passer une loi d'exemption au service militaire. Au Likoud, on suppose simplement que l'électeur de droite est tellement terrorisé par le retour de la gauche au pouvoir qu'il avalera n'importe quelle manœuvre politique, aussi transparente soit-elle.
L'arrogance vient désormais d'en haut
Pendant des années, nous avons appris à nous défendre contre l'arrogance des médias institutionnels. Mais il est temps d'admettre cette vérité amère : en ce moment, ceux qui traitent les électeurs du camp national comme un public captif sont précisément les gens assis au sommet de notre pouvoir. Une politique fondée sur la dissimulation de données, des peurs infondées et des slogans creux est une politique qui méprise ses électeurs et suppose qu'ils achèteront tout ce qu'on leur vendra.
Mais celui qui mise sur la peur du retour de la gauche pour légitimer tout mépris risque de découvrir, lors des prochaines élections, que l'électeur de droite est bien plus intelligent qu'on ne le pense. Les citoyens qui tiennent à leur vie ne restent pas éternellement un public captif.