Il y a un an, Israël lançait l'opération « Peuple comme des lionceaux », une opération dramatique couronnée de succès militaires remarquables. La victoire sur l'Iran semblait à portée de main, et même après le coup d'ouverture de l'opération « Rugissement du Lion », l'Iran paraissait au bord de l'effondrement. Mais aujourd'hui, alors qu'un accord entre les États-Unis et l'Iran sur la cessation des hostilités semble imminent, Israël est profondément inquiet. L'accord qui se profile risque de porter atteinte à l'État hébreu à deux niveaux : à court terme comme à long terme.

À court terme : l'Iran reçoit tout sans rien donner

À court terme, l'accord cristallise une réalité pour 60 jours, alors qu'en pratique, l'Iran ne concède rien et obtient en contrepartie un cessez-le-feu, la réouverture du détroit d'Ormuz et le dégel de dizaines de milliards de dollars. Cette réalité soulève une question préoccupante : la liberté d'action israélienne à l'intérieur de l'Iran est-elle préservée ? Et quelles sont les répercussions directes de cette démarche sur le front libanais et sur la capacité de manœuvre militaire de Tsahal dans la région ?

À long terme : le nucléaire iranien laissé sans réponse

À long terme, l'accord ne fournit pas de réponse claire sur l'avenir du programme nucléaire. La clause relative à l'uranium enrichi a été rédigée de manière trop vague et laisse à l'Iran des capacités souterraines, dans des zones qu'Israël n'a pas frappées. L'Iran, selon toute vraisemblance, gèlera temporairement le programme, mais pourra y revenir à tout moment. De plus, l'accord ne répond pas à la menace des missiles balistiques ni au financement continu des proxys — Houthis, Hezbollah et Hamas.

Le vrai problème : l'Iran joue la montre

Le problème fondamental est que l'accord fige une réalité sur le papier, alors que les deux gardiens de cet édifice — le président Trump et le Premier ministre Netanyahou — ne resteront pas éternellement en poste, et c'est précisément sur cela que compte l'Iran. Les Iraniens, affaiblis, veulent gagner du temps et traverser l'ère Trump-Netanyahou, pour ensuite faire ce qu'ils savent faire de mieux : violer méthodiquement l'accord en exploitant les changements politiques en Occident afin de se reconstruire et de se renforcer.

Cette situation met en danger la sécurité de l'État, car l'accord laisse Israël seul face à la capacité de reconstruction iranienne. Le grand défi de Netanyahou est de préserver l'intérêt sécuritaire et la liberté d'action au Moyen-Orient. Il doit prendre l'immense acquis militaire de cette guerre et le convertir en résultat concret sur le terrain, en gardant à l'esprit que dans le cas de l'Iran, le papier sur lequel l'accord est signé ne vaut tout simplement rien.