Il convient cependant de souligner un point important : contrairement à diverses publications, Barnea n'a jamais promis à Netanyahou ni au président Trump que le régime iranien serait renversé en peu de temps. Le calendrier du Mossad évoquait une campagne devant se prolonger bien au-delà de la « phase cinétique » (la phase des bombardements), jusqu'à ce que l'objectif de changement de régime soit atteint.

Par ailleurs, il était d'emblée évident que Tsahal et l'Aman (renseignement militaire) mèneraient la guerre contre l'Iran, car par définition, le Mossad opère principalement entre les guerres, tandis que Tsahal conduit les opérations à grande échelle. Le Mossad est une « organisation boutique » dont les effectifs sont inférieurs de plusieurs ordres de grandeur à ceux de l'Aman, et dont la mission est d'appuyer les opérations de haute qualité.

Malgré cela, au niveau politique — tant à Jérusalem qu'à Washington — prévaut le sentiment qu'à ce stade, il aurait été possible d'être plus proche de l'objectif de changement de régime en Iran. La responsabilité n'en incombe pas entièrement au Mossad : à titre d'exemple, le plan d'invasion de l'Iran par une armée kurde a été annulé au dernier moment par le président Trump, sous la pression exercée par le président turc Erdoğan, et aurait pu changer la donne.

Quoi qu'il en soit, ce sentiment d'occasion manquée fait partie de ce qui a poussé Netanyahou à nommer à la tête du Mossad un nouveau directeur issu de l'extérieur de l'organisation — contrairement à la position de Barnea, qui souhaitait nommer son adjoint. Le Premier ministre accorde une confiance totale à Gofman, convaincu qu'il exécutera ses directives avec rigueur et qu'il saura mieux exploiter les capacités dormantes du Mossad tout en en développant de nouvelles, au service de la déstabilisation et du renversement du régime iranien — un objectif auquel Israël n'a absolument pas renoncé.