Que le président des États-Unis, notre ami Trump, cherche à forcer un retrait de la zone ou à réduire les frappes contre nos ennemis au Liban, notre Premier ministre se doit de refuser fermement cette demande. Il lui faudra lui expliquer, en homme doté d'une haute conscience historique, que les États-Unis ont eux-mêmes connu de graves problèmes frontaliers face au Royaume-Uni, à l'Empire espagnol, à l'Empire français et aux tribus indiennes, avant de proclamer leur indépendance en 1776 — la nation de Trump s'apprêtant bientôt à célébrer 250 ans d'indépendance, un quart de millénaire (!).

Aucun Américain n'accepterait que ses citoyens soient exposés au danger. Et même si l'homme de Washington refusait d'entendre cet argument, Netanyahu ne devrait faire que ce que le peuple exige. Chez nous, en revanche, bien que nous ayons proclamé notre indépendance en 1948, nous continuons encore à nous battre pour elle, dans des zones de sécurité qui sont pour nous existentielles au sens plein du terme. En tant que puissance régionale, nous ne tolérerons pas la présence d'ennemis à proximité de nos localités. Nul doute que Netanyahu saura expliquer dans les moindres détails à quel point ces zones sont vitales pour nous — au Liban, en Syrie et à Gaza.

Le front libanais, priorité absolue

Le front le plus important en ce moment, c'est le Liban. Nous avons repoussé et refoulé le Hezbollah vers le nord. Nous avons éloigné la menace existentielle pesant sur les habitants du Nord, celle d'un raid sur nos localités et de tirs directs — mais le défi actuel est de préserver cette avancée et de l'approfondir encore davantage vers le nord.

Il ne faut pas s'endormir sur ses lauriers, notamment en raison de la courte mémoire d'une fraction de notre public, qui pourrait aussitôt se lancer dans une nouvelle campagne de démobilisation en faveur d'une fuite supplémentaire du Liban.

Cet approfondissement de la zone ne peut se faire si nous restons immobiles dans nos positions. Puisque nous sommes en pleine Coupe du monde de football, la métaphore est limpide : quand on ne se déplace pas sur un terrain de football, on prend des buts. Aucun bunker défensif n'a jamais aidé une équipe nationale. Il en va de même à l'intérieur du territoire ennemi. Le ministre de la Défense doit ordonner au chef d'état-major, et Eyal Zamir doit ordonner à ses commandants de district, à leurs divisions, à leurs brigades et à leurs bataillons : « Éliminer toute menace. Prendre l'initiative et rechercher le contact sans relâche. » Tsahal doit redevenir le « caïd du quartier » au Liban, comme il l'était à l'époque de l'opération « Rugissement du Lion » — tout en conquérant cette précieuse zone de sécurité dans les derniers jours de cette même opération.

Résister aux pressions intérieures et extérieures

Le défi de l'État d'Israël n'est pas seulement celui des nations du monde, mais aussi celui de la gauche israélienne et d'une opposition déconnectée de la réalité, qui serait prête à rentrer dès demain aux lignes du 6 octobre sur tous les fronts, en échange d'un accord mensonger quelconque. Ils aiment la tranquillité, ils y sont accros — à court et moyen terme. Le reste du peuple d'Israël ne devrait pas s'en préoccuper. L'État d'Israël doit s'établir durablement dans le sud du Liban et, à l'avenir, annexer de larges portions de ce territoire sans jamais les céder, Tsahal y siégeant dans sa version combattante — ce point constituant son avancée la plus septentrionale, à partir de laquelle il mènera toute opération contre l'ennemi au Liban, qu'il s'agisse du Hezbollah ou de toute organisation qui surgirait à sa place.

Nous avons tous vu ce qui s'est passé sur la crête de Beaufort après que nous l'avons libérée à nouveau de l'occupation chiite barbare. Nous avons tous observé les bunkers et les infrastructures de guerre et de terreur que le Hezbollah y avait construits pour nous tuer. L'atmosphère qui régnait ici avant la fuite de l'an 2000 était : fuir, fuir, fuir, autant que possible, de tout territoire possible. Certains sont allés jusqu'à produire des films témoignant d'un affaiblissement national juif, comme « Beaufort » de Joseph Cedar. Honte. Déshonneur.

Il est une autre crête de la plus haute importance que nous venons de conquérir ce dernier Shabbat : la crête d'Ali al-Taher, une position stratégique sans égale, qui domine Metula et le « Doigt de Galilée ». Il ne faut pas s'arrêter — jusqu'à la victoire. En quoi consiste la victoire ? Découper le territoire à l'ennemi et le dissuader ainsi.

Les conseillers de Trump n'ont pas à décider de notre sécurité

Pour en revenir au pays des possibilités illimitées : avec tout le respect dû aux conseillers de Trump — Vance, Witkoff et Kushner (et il n'y en a pas de tel que James David Vance) —, ces hommes d'affaires, ces petits négociants, ne sont pas censés peser sur la sécurité des habitants de l'État d'Israël, et en particulier de nos chers frères du Nord.

Il existe une variété de menaces au Liban auxquelles Tsahal sait faire face avec détermination, et plus il élimine de terroristes, mieux c'est. Bien que pour la menace des drones Siyab, aucune solution n'ait encore été trouvée. Il ne s'agit pas d'une menace qui modifie la réalité stratégique, mais d'un problème mondial très récent, apparu depuis 2024, pour lequel le génie juif saura également trouver une solution.

Nous espérons tous — même si j'en doute fortement — que le chef d'état-major Zamir pense exactement dans ce sens. Nous attendons tous que l'état-major de Tsahal ne fasse pas un usage politique de la présence au Liban en tentant de freiner et de brider le cheval au galop, le plus héroïque de la planète — entendez par là les combattants de Tsahal, les Maccabées de notre temps. Nous avons eu des généraux tout au long des années 1990 qui n'aspiraient qu'à fuir le Liban et qui répercutaient leur doctrine politique vers le haut, vers l'échelon politique, vers les organisations de gauche qui poussaient à la fuite du Liban. Plus jamais. Jamais. Cela n'arrivera pas. Cela ne sera pas.