Le dépôt de l'acte d'accusation contre Yonatan Urich dans l'affaire des documents classifiés n'est rien de moins qu'un acte d'« élimination ciblée » politique. Ce qui apparaît en surface comme une procédure judiciaire ordinaire se révèle être une tentative éhontée de l'appareil judiciaire d'assener un coup dévastateur à la campagne du Likoud et au Premier ministre Benyamin Netanyahu, à titre personnel.
Netanyahu inscrit comme témoin : une manœuvre à hauts risques
La décision la plus dramatique de cet acte d'accusation est l'inscription de Benyamin Netanyahu sur la liste des témoins. Il s'agit d'un pas surprenant qui soulève de graves questions : Netanyahu n'a jamais été interrogé dans cette affaire, n'y a jamais livré de déposition, et son nom n'y avait jusqu'à présent jamais été associé de manière substantielle. Pourquoi apparaît-il donc désormais sur la liste des témoins ?
La réponse qui se dessine est simple et troublante :
Dès lors que Netanyahu est qualifié de témoin, une interdiction de contact s'applique entre Yonatan Urich, son conseiller proche, et lui. Ce faisant, le parquet réussit à éloigner l'un des principaux stratèges du Likoud du Premier ministre, en pleine période électorale, créant ainsi un chaos délibéré au sein du quartier général de la droite.
Des acteurs politiques masqués en juristes
Amit Esman et Gali Baharav-Miara, aux côtés de l'équipe de la rue Salah al-Din, n'agissent pas ici en juristes objectifs, mais en acteurs politiques dangereux.
Leurs motivations semblent évidentes :
Il s'agit d'une utilisation cynique du pouvoir d'État pour influencer les résultats du processus démocratique en Israël.
Il est temps de cesser de se faire des illusions
La rue Salah al-Din n'est plus depuis longtemps un simple système judiciaire — c'est une arène politique à part entière. Face à un système qui opère de la sorte, la droite doit cesser de se sentir impuissante et commencer à agir. Les outils existent — du licenciement des chefs de l'appareil au blocage des nominations politiques — mais il faut un courage politique pour les utiliser.
Ce que nous avons vu ce matin constitue une atteinte grave à la capacité d'un camp politique tout entier à mener librement sa campagne. Lorsque le parquet décide qui peut parler à qui, il ne fait pas de la justice — il fait de la politique. Le public de droite et démocratique en Israël doit se réveiller et comprendre que le combat ne porte plus seulement sur l'innocence de tel ou tel conseiller, mais sur la capacité même à organiser ici des élections équitables, sans ingérence politico-judiciaire.
Cette tribune est rédigée à partir des propos tenus par notre commentateur politique à Dana Varon.