Trump est un phénomène que les psychologues connaissent bien, même s'ils hésitent à le dire à voix haute. C'est un homme dont le mécanisme de fonctionnement repose sur une seule chose : la gestion du récit qu'il construit sur lui-même. Pas la politique. Pas l'idéologie. Pas la loyauté envers telle ou telle alliance. Mais uniquement la question de savoir s'il en sort comme un héros.
Tant qu'Israël sert ce récit, elle obtiendra tout de lui — une accolade, de grandes déclarations, des gestes dramatiques, des décisions historiques. Mais dès qu'Israël complique une de ses transactions, lui vole son moment de gloire, ou lui donne l'impression que quelqu'un d'autre contrôle l'événement, elle peut passer en quelques heures de nation chérie à nation encombrante. Ce n'est pas un détail secondaire de sa personnalité. C'est le mécanisme lui-même.
Mais cette analyse, aussi juste soit-elle, passe à côté de ce qui est le plus troublant : nous le savons. Pas en théorie — en pratique. Israël a traversé suffisamment de cycles avec Trump pour savoir que son soutien est volatile, tributaire du contexte, et asservi à ses propres besoins politiques internes. Et pourtant, chaque fois qu'il revient, l'amnésie se renouvelle. L'excitation revient. Le sentiment que cette fois c'est différent. Que cette fois il est vraiment avec nous.