La machine à poison des ex-dirigeants reprend du service : ils flairent les élections et deviennent invariablement plus extrêmes pour s'assurer une manchette.
Ce matin, nous avons de nouveau entendu Ehoud Barak et Bogui Ya'alon, deux hommes que le public a depuis longtemps renvoyés sur les bancs de l'histoire politique. Mais au lieu de faire leur examen de conscience et de se demander pourquoi le public a cessé de leur faire confiance, ils ont choisi une autre voie : plus extrême, plus déchaînée, plus déconnectée de la réalité. Plus leur influence s'amenuise, plus leur rhétorique devient violente.
Barak et ses délires complotistes
Commençons par Ehoud Barak : pendant des années, il a prêché la grandeur d'État et la démocratie, mais ce matin, il replonge dans ses délires et ses théories conspirationnistes, évoquant l'expulsion du Premier ministre par la violence.
Comme lors de chaque campagne électorale, les représentants de la gauche répercutent le fantasme absurde selon lequel Netanyahou déclencherait une guerre pour annuler les élections — et les descriptions de violence sont désormais devenues le langage ordinaire d'Ehoud Barak.
Le même camp qui s'indignait de la moindre déclaration tolère désormais, de la bouche d'un ancien Premier ministre, des propos qu'aucun homme public de droite n'aurait pu tenir — et le journaliste Aryeh Golan accueille avec une indifférence déconcertante des déclarations qui auraient dû faire trembler les murs.
Ya'alon et les comparaisons nazies
Quant à Bogui Ya'alon, qui ne parvient manifestement pas à s'accommoder de la retraite, il cible une nouvelle fois la droite — cette fois dans les contrées du nazisme. Ya'alon se précipite avec une remarquable rapidité vers les références nazies dès qu'il évoque le camp de droite. C'est le fond qu'il a atteint. De Bogui Ya'alon, on dira : sa vieillesse déshonore sa jeunesse.
Des munitions pour les ennemis d'Israël
Le pire dans tout cela, c'est que ce langage ne nuit pas seulement aux adversaires politiques — il fournit des munitions à tous ceux qui souhaitent ternir l'image d'Israël dans le monde, offre des citations exploitables par ceux qui agissent contre Israël, et inflige des dommages réputationnels à l'État, à ses soldats et à la légitimité de notre cause.
Voilà donc ce que nous avons : deux ex-dirigeants, qui aspirèrent jadis à conduire Israël, sont devenus des hommes dont l'essentiel du temps est consacré à salir le camp adverse et à véhiculer des théories que reprennent à leur compte les pires de nos ennemis.
Ne vous y trompez pas : ces discours trouvent un public, ils bénéficient d'un soutien. Puis, lorsque des actes de violence resurgiront, ces deux-là lèveront les yeux au ciel et continueront à inciter.