Il existe, certes, de véritables obstacles à la création d'un nouveau parti : un seuil d'éligibilité élevé, l'absence d'un leadership charismatique, les ressources organisationnelles et financières nécessaires, l'implication de rabbins exigeant une ligne idéologique uniforme, et bien d'autres encore. Mais malgré ces difficultés organisationnelles, le besoin intellectuel et politique est, lui, bien réel. C'est un besoin de toute la société israélienne, qui cherche l'expression d'un judaïsme républicain, équilibré, moral et rassembleur — et c'est assurément un besoin ressenti par beaucoup au sein du secteur religieux-nationaliste.
La force unificatrice du peuple : un nouveau parti sauvera-t-il le sionisme religieux modéré ?
Ainsi, le public religieux-nationaliste qui ne s'identifie pas à la ligne actuelle du parti Sionisme religieux cherche un foyer politique. Nombreux sont ceux, au sein de ce secteur, à réclamer une voix organisée d'élus capables d'exprimer l'équilibre entre identité juive et engagement démocratique, le lien entre religieux et non-religieux, entre droite et gauche. Dans un climat de polarisation, de méfiance et de discours de force, la voix qui aurait dû servir de pont naturel entre les différentes composantes du peuple s'est tue : celle du sionisme religieux républicain et modéré.