Une procureure militaire qui ferme les yeux sur son propre camp
La procureure militaire en chef classe l'affaire concernant le fils de Baharav-Miara sans même ouvrir d'enquête, contrairement à la pratique habituelle de l'armée en matière de vol de biens. Baharav-Miara, en retour, étire l'enquête sur la fuite de la vidéo du camp de Teman vers la chaîne 12. Elle soumet, au nom de la procureure militaire, une déclaration sous serment mensongère devant la Haute Cour de justice. Lorsque l'affaire éclate, elle agit en situation de conflit d'intérêts en instruisant une affaire dans laquelle elle pourrait elle-même être suspecte — ce qui constitue en soi, selon toute apparence, une infraction pour violation de la confiance publique.
Un apartheid judiciaire institutionnalisé
La procureure générale mène une politique d'application sélective de la loi qui institutionnalise un véritable apartheid judiciaire. Une règle pour les manifestants de droite à l'époque du Désengagement — des milliers d'arrestations, dont des mineurs, et des actes d'accusation à la pelle — et une autre règle pour les manifestants de Kaplan, contre lesquels aucune poursuite n'a été engagée pour blocage de routes.
L'application sélective occupe une place centrale dans le système du « Deep State » israélien. Gotliv a vraisemblablement commis une infraction sécuritaire et n'aurait pas dû révéler le nom du compagnon de Bresler. La mise en examen dans ce cas précis paraît donc justifiée. Et c'est ainsi que le « Deep State » donne l'impression d'agir au nom de « l'État de droit ».
La voix des invisibles
La députée Gotliv est connue pour son style haut en couleur et tonitruant. Elle est incontrôlable, et il est difficile de résister au flot de paroles qui jaillissent d'elle. Mais il faut un instant mettre le style de côté. Gotliv est la voix des millions d'Israéliens — les silencieux et les invisibles — que la juristocratie israélienne refuse de voir.
Son cri est le cri des masses, pour qui le spectacle qui s'est déroulé hier à la commission de la Knesset n'était pas un débat technique sur la question de savoir si la révélation du nom du compagnon de Bresler constitue un acte illégal accompli « dans l'exercice des fonctions » de la députée Gotliv.
Le débat d'hier était un acte d'accusation cinglant contre la corruption politique, qui selon ses détracteurs aurait atteint son paroxysme sous l'ère Baharav-Miara, et qui était auparavant associée à Shai Nitzan. Et cette lave bouillonnante fait trembler la terre, creuse des fissures profondes, et pourrait éclater à tout moment.