Trois mots qui ont tout changé
C'est arrivé après la pause déjeuner. Le collège de juges est entré dans la salle, et la présidente du collège a prononcé une seule phrase, d'un ton lapidaire et sec : « Nous ne prévoyions pas de dire cela aujourd'hui, mais puisque les deux parties y ont fait référence, notre position telle qu'elle était le 20 juin 2023 demeure inchangée. » Les journalistes présents dans la salle, dont le signataire de ces lignes, se sont empressés de chercher sur Google ce qui s'était passé en juin 2023 dans ce procès, et quelle décision « demeurait inchangée ».
Le contexte de juin 2023
Le parquet avait alors pesé la question et décidé que, malgré la suggestion des juges, il convenait de poursuivre normalement la gestion du dossier 4000, sans se retirer de l'accusation de corruption. Les procureurs estimaient alors que les juges, ayant entendu les témoins à charge, n'avaient pas encore été exposés à l'ensemble de l'écheveau probatoire complexe de l'affaire — et que le témoignage de Netanyahu lui-même dans le dossier finirait par le compromettre davantage.
Ce que les juges pensent aujourd'hui
Depuis lors, Netanyahu a témoigné pendant un an et demi, dont un contre-interrogatoire étalé sur des dizaines d'audiences. Aujourd'hui, la présidente du collège a clairement signifié au parquet — et à la défense — en une seule phrase ce que pensent les juges : ils estiment toujours qu'il existe des difficultés probatoires pour établir le chef de corruption dans le dossier 4000, et considèrent toujours que l'État devrait envisager de se retirer de l'accusation.
Quelle suite désormais ?
Le parquet ou la conseillère juridique du gouvernement vont devoir décider à nouveau s'ils maintiennent le chef de corruption jusqu'au verdict ou s'ils s'en retirent. Il est important de souligner : ils peuvent parfaitement poursuivre normalement jusqu'au jugement. Un retrait de l'accusation de corruption ne leur permettrait pas de faire appel devant la Cour suprême si Netanyahu était acquitté sur ce chef — mais dans tous les cas, la probabilité d'une condamnation pour corruption paraît désormais très mince.