Cette déclaration est irrévocable. C'est comme le discours de Bar-Ilan, dans lequel le chef de la droite israélienne (Netanyahu, qui d'autre ?) reconnut pour la première fois la solution à deux États. Il ne s'agit pas seulement de la normalisation du chaos. C'est le dernier clou dans le cercueil de l'État de droit. S'ils ont déjà annoncé qu'ils n'obéiraient pas au Bagatz, personne ne s'étonnera demain, ou dans deux mois, lorsqu'ils ignoreront également le Comité central des élections. Peu importe que celui-ci soit présidé par un juge totalement identifié au camp de la droite conservatrice et religieuse. Pour survivre ici, il ne faut pas être identifié à un camp. Il faut être identifié à un dictateur.
Quiconque s'est trouvé là-bas, a couvert cette famille, l'a suivie ou a été exposé à ses agissements — le sait. Ce qui est véritablement incroyable, c'est que même aujourd'hui, en parallèle aux audiences du dossier 4000, nous assistons à la concrétisation du dossier 5000 : à travers les caprices effrénés de Shlomo Karhi et de ses exécutants pour parachever la mainmise sur les médias d'un côté, et l'appel à ne pas obéir au Bagatz — précisément dans la décision concernant la Deuxième Autorité pour la télévision — de l'autre.
Car l'ensemble de l'affaire tranchée hier par le Bagatz portait sur le contrôle de la Chaîne 13. Le gouvernement tente de prendre également ce levier en main, en organisant la vente de la chaîne à des mains amies. Selon la procédure habituelle. La chaîne, qui s'est battue pour préserver son indépendance, a été rachetée par un groupe israélien d'entrepreneurs high-tech fortunés aux bonnes intentions.