Certains ouvrages se concentreront certainement sur la figure de Netanyahou, sa personnalité et ses succès — celui qui, depuis les couloirs de l'ONU, a conquis la tête du gouvernement israélien par la force d'un talent d'orateur charismatique, d'une vaste culture et d'une promesse de leadership historique. D'autres livres souligneront que cet homme s'est révélé, au fil du temps, comme un hédoniste avide de cadeaux, qui a consolidé son pouvoir en creusant les fractures et les déchirures qu'il a lui-même semées au sein du peuple israélien.
Certains se pencheront sur les actes d'accusation à son encontre, sur son procès long et épuisant, ainsi que sur la ligne de rupture historique que ce procès a tracée dans l'histoire de l'État d'Israël — une menace réelle pour la démocratie israélienne, qui a même rapproché le pays d'une guerre civile.
Je choisis ici de me concentrer sur le chapitre final de l'ère Netanyahou : le chapitre qui décrira le crépuscule de son règne, son déclin et la fin du parcours du Premier ministre qui aura exercé ses fonctions plus longtemps que tous ses prédécesseurs. Ce chapitre présentera Netanyahou au fond du gouffre, à l'heure où les sondages qui lui ont été soumis lui ont clairement indiqué que les prochaines élections signeraient la fin de sa route. Cela a fait de lui un homme imprévisible, prêt à ne reculer devant aucun moyen pour prouver son irremplaçabilité, s'accrochant à tout ce qui pourrait lui offrir un soupçon d'espoir de survie politique, tout ce qui pourrait l'aider à sauver son nom et son héritage.
Ce même témoignage du déclin de l'ère Netanyahou racontera l'histoire d'un homme obsédé par lui-même et par son image, au point d'ignorer des phénomènes qui auraient bouleversé n'importe quel autre Premier ministre israélien — y compris Netanyahou lui-même, dans ses meilleurs jours.