Au Moyen-Orient, aux yeux de nombreux observateurs, la puissance ne se mesure pas uniquement à la force militaire, mais aussi à la détermination, à la constance et à la volonté de fixer des lignes rouges claires. Dans cette réalité, toute concession, toute hésitation et tout écart entre les déclarations et les actes risquent d'être interprétés comme une faiblesse. Que cette perception soit juste ou non, c'est le langage que comprennent nombre d'ennemis dans la région.

Le président Donald Trump présente sa politique comme un succès et affirme que l'Iran s'est affaibli et que les États-Unis ont atteint leurs objectifs. Mais en face, certains estiment que le simple fait que le régime iranien continue de proférer des menaces virulentes contre les États-Unis et leur président — parallèlement aux contacts diplomatiques — nuit au message d'une victoire totale. Aux yeux de ses détracteurs, il existe un écart entre les déclarations triomphales et la manière dont l'ennemi continue de se conduire.

C'est peut-être là le défi central de l'Amérique aujourd'hui. Non pas simplement de posséder l'armée la plus puissante ou l'économie la plus grande au monde, mais de préserver la dissuasion et l'image d'une superpuissance que personne n'oserait menacer sans en payer le prix. La diplomatie est un outil indispensable, et elle constitue parfois la meilleure voie pour prévenir les guerres. Mais une diplomatie non accompagnée d'une dissuasion crédible risque, aux yeux de certains acteurs au Moyen-Orient, d'être perçue comme de la faiblesse plutôt que comme de la force.

Tel est peut-être le véritable test de l'Amérique à 250 ans. Non pas de savoir si elle demeure le pays le plus puissant du monde — mais de savoir si ses ennemis le croient encore. Car le statut de superpuissance ne repose pas uniquement sur des avions, des missiles et des sanctions. Il repose aussi sur la perception. Et au moment où l'ennemi cesse d'avoir peur, les fondements de la dissuasion commencent à se lézarder. La grande Amérique n'a pas seulement besoin de victoires sur le champ de bataille. Elle a besoin que ses ennemis eux-mêmes soient convaincus que sa victoire est hors de tout doute.