Une qualité que même ses adversaires reconnaissent

On n'entend pas tous les jours l'un des critiques les plus acerbes de Netanyahou lui décerner un tel compliment. Mais Drucker a touché un point bien plus profond que la simple querelle politique : la capacité de Netanyahou à manœuvrer même lorsqu'il semble que toutes les cartes lui sont défavorables.

C'est une belle réponse, mais ce sont précisément les mots du fils Netanyahou qui expliquent sa carrière politique : « La capacité à faire preuve de souplesse sur le chemin de la réalisation d'une vision » — ou, en termes plus simples, la capacité de manœuvre. En Israël, on a tendance à confondre parfois la manœuvre avec l'absence de principes. Mais en politique, la capacité de manœuvre ne signifie pas renoncer à l'objectif, elle signifie adapter le chemin pour y parvenir. Celui qui ne sait pas ajuster ses pas à une réalité changeante se retrouve avec de beaux principes, mais sans la capacité d'agir sur le réel.

Un homme politique que l'on a enterré trop tôt

C'est peut-être la caractéristique la plus associée à Netanyahou. Après sa défaite aux élections de 1999, nombreux sont ceux qui l'ont enterré politiquement. Après l'effondrement du Likoud à 12 mandats lors des élections de 2006, il semblait que sa trajectoire était terminée. Même après l'alternance au pouvoir en 2021, bon nombre de commentateurs ont déclaré que l'ère Netanyahou avait pris fin. À chacune de ces occasions, il a réussi à reconstruire son capital politique et à revenir au centre de l'arène.

Après le 7 octobre : une stratégie transformée

La même caractéristique se manifeste après le 7 octobre. Certains contesteront sa politique, d'autres critiqueront le rythme de ses prises de décisions, mais il est difficile d'ignorer le fait que la stratégie israélienne a changé de manière dramatique. Israël ne se satisfait plus d'une politique de containment. Il agit pour créer une nouvelle réalité sécuritaire au nord, au sud et sur la scène régionale. Celui qui observe les événements avec une perspective large peut déceler une tentative de remodeler l'environnement stratégique d'Israël, même si le chemin est semé d'embûches.

La politique est un marathon, pas un sprint

La politique est un marathon, pas un sprint. Elle est faite de victoires provisoires et de défaites provisoires. L'histoire enseigne que ce n'est pas toujours celui qui ne tombe pas qui gagne, mais celui qui sait se relever plus vite que ses adversaires. C'est sans doute la raison pour laquelle même ses adversaires les plus acharnés reconnaissent parfois, presque malgré eux, qu'il possède une qualité difficile à trouver chez d'autres politiciens : la capacité de secouer la poussière, de s'adapter à une réalité changeante, et de continuer à avancer vers l'objectif qu'il s'est fixé. Il semble parfois que ce soit là, plus que toute autre qualité, la raison pour laquelle il se trouve encore au centre de la scène politique israélienne après trois décennies.