Smotrich tire la sonnette d'alarme
Celui qui a saisi l'ampleur de l'événement et l'a stoppé au bord de l'explosion est le président du parti Sionisme religieux, Bezalel Smotrich. Dans les coulisses, Smotrich s'est dressé sur ses ergots et a clairement signifié à ses partenaires ultra-orthodoxes que l'on se dirigeait droit dans le mur. Le message était tranché et pragmatique : cette loi ne peut pas être adoptée dans le contexte actuel. Elle ne dispose d'aucune légitimité morale face au public qui porte le fardeau sécuritaire, et d'aucune viabilité électorale pour les partis de droite qui en paieraient le prix dans les urnes.
Plutôt que de tout faire voler en éclats ou de céder aux diktats, le Sionisme religieux a imposé une formule alternative. La version amendée de la loi reconnaît l'importance de principe des étudiants en Torah, mais supprime la clause explosive assimilant leur statut à celui des combattants.
Une équation politique froide et calculée
Cette manœuvre est avant tout le fruit d'une lecture politique froide des lignes rouges. Dans la réalité actuelle, la politique exige une gestion des risques calculée, et dans ce cas précis, le Sionisme religieux a correctement identifié l'angle mort des ultra-orthodoxes. La nouvelle formule parvient à un calme industriel sur trois fronts simultanés.
Elle offre aux factions ultra-orthodoxes une reconnaissance légale du monde de la Torah ; elle retire de la table toute atteinte au statut des soldats de Tsahal ; et, surtout, elle préserve l'unité du bloc de droite. Sans grands titres fracassants, le bloc de droite a traversé cette crise ponctuelle par une gestion de crise politique simple et efficace.