Il n'existe pas, dans toute l'histoire politique d'Israël, de parti ayant essuyé un échec aussi total que celui inscrit au bilan du parti Judaïsme de la Torah. Cet échec sera associé pour toujours aux noms de ses dirigeants. Il s'agit, bien entendu, de leur défaite cuisante dans la promotion et l'adoption d'une nouvelle loi sur la conscription, qui aurait exempté les étudiants des yeshivot du service dans Tsahal. Ils sont à ce point politiquement impuissants, socialement débonnaires et psychologiquement soumis, que même la loi fondamentale sur l'étude de la Torah — obtenue en guise de compromis et de compensation — n'a été approuvée qu'après que sa version finale ait été considérablement édulcorée, qualifiée par les médias de « concession massive » de la part des députés du parti.
La valeur première, suprême et immémoriale du judaïsme : l'étude de la Torah, que les sages du Talmud considèrent comme ayant été créée avant la création du monde, a donc été entérinée par la Knesset comme « ancrant l'étude de la Torah en tant que valeur fondamentale ». En termes de sources, ce vote parlementaire n'a fait que confirmer une évidence.
Lorsqu'un parti, une faction à la Knesset, ne parvient pas à faire adopter une initiative ou un projet de loi qu'il souhaitait promouvoir, c'est un échec politique et parlementaire ordinaire, qui ne porte pas atteinte à la réputation ni au statut du parti. Or la nouvelle loi sur la conscription était conçue et censée consolider le caractère originel et séculaire de la pérennisation de l'étude de la Torah — une mission qui est par essence la raison d'être d'un parti ultra-orthodoxe comme Judaïsme de la Torah. Son incapacité à faire avancer, même marginalement, l'adoption de cette loi n'est pas simplement un échec politique ou parlementaire. Pas seulement. C'est une capitulation honteuse. C'est une défaite, une faillite qui remet en question la légitimité même et la nécessité d'existence du parti Judaïsme de la Torah.
En guise de contrepartie à cette conduite, Judaïsme de la Torah a reçu l'humiliation.
En guise de contrepartie à cette conduite, Judaïsme de la Torah a reçu l'humiliation.
Il semble que la situation de partenariat au sein d'une coalition ait déjà été évoquée dans le Talmud. Les sages du Talmud disent en effet : « Kadra dévé shoutfé, la hamima vela karira » (Talmud de Babylone, traité Erouvin, 3) — La marmite des associés n'est ni chaude ni froide. Autrement dit, le partenariat n'est pas toujours bénéfique et efficace. Lorsqu'une chose est confiée et dépend de plusieurs associés, il arrive que certains soient perdants.