Voici une explication, quelque peu technique, mais c'est ainsi que l'on examine des phénomènes de ce type. Nous l'avons dit : le lien entre l'image de l'État d'Israël dans le monde et le degré de confiance que le public international accorde à son Premier ministre Benyamin Netanyahou n'est pas une simple corrélation fortuite — il s'agit de deux variables quasi totalement liées l'une à l'autre. L'analyse du Pew Research Center porte sur 36 pays à travers le monde. Elle comprend des questions sur la sympathie envers Israël et sur la confiance accordée à Netanyahou. Le constat le plus frappant de la comparaison entre ces deux questions est que là où le public n'est pas favorable à Israël, il n'accorde pas non plus sa confiance à son Premier ministre, dans un rapport de presque un pour un.

Cela soulève naturellement la question de l'œuf et de la poule. Le public ne fait-il pas confiance à Netanyahou parce qu'il n'est pas favorable à Israël, ou n'est-il pas favorable à Israël parce qu'il ne fait pas confiance à Netanyahou — ou peut-être les deux, défiance envers Israël et méfiance envers Netanyahou, découlent-ils d'une troisième variable absente du sondage ? Quelque chose comme « la politique d'Israël ». Ou peut-être : « l'antisémitisme ». Ou encore : « notre incompréhension mutuelle ».

Quoi qu'il en soit, les données statistiques brossent un tableau sans ambiguïté : la corrélation entre le taux d'opinions négatives envers Israël et le manque de confiance en Netanyahou est très élevée (pour les curieux : r = 0,90). Cela signifie que l'image d'Israël seule explique environ 80 % de la variance dans la cote de confiance de Netanyahou. Autrement dit, si vous tentez de comprendre le graphique, chaque hausse d'un point de pourcentage dans les opinions négatives envers le pays se traduit, avec une précision quasi chirurgicale, par une hausse d'un point de pourcentage dans le manque de confiance envers Netanyahou.

Bien entendu, comme nous l'avons déjà mentionné, il existe ici un élément de dépendance conceptuelle : pour un citoyen italien, polonais ou indonésien, Netanyahou est le visage d'Israël. L'attitude envers lui et envers le pays sont donc naturellement entremêlées. Ce ne sont pas des indicateurs indépendants. Et nous ne disposons évidemment pas du sondage complet. Nous ne pouvons donc pas mesurer s'il s'agit d'une relation propre à chaque individu. Les données reflètent l'état d'esprit dans différents pays, mais ne prouvent pas que chaque personne ayant une opinion négative sur Israël entretient nécessairement la même position envers Netanyahou.

Il existe également quelques pays où l'opinion publique s'écarte de la tendance statistique générale. Autrement dit, des pays où le public parvient à distinguer entre l'État et celui qui en est à la tête. Dans l'espace ouest-européen, ainsi que dans certains pays d'Amérique latine, Netanyahou reçoit une note bien plus mauvaise que ce que l'image générale d'Israël aurait laissé prévoir.

Le public de ces pays tend à juger le Premier ministre plus sévèrement qu'il ne juge Israël en tant qu'État. Exemple frappant : l'Italie, où l'écart négatif est de 11 points au-dessus de la prévision, au détriment de Netanyahou. En France, l'écart est de 9 points. Un écart similaire existe également en Grèce, au Brésil et en Allemagne. Dans ces pays, une distinction relativement claire s'opère : même ceux qui ne sont pas hostiles à Israël — ou qui ne lui sont pas favorables, car « hostile » est un terme fort — tendent à exprimer un manque de confiance envers Netanyahou.

La conclusion semble assez claire : aux yeux de la majorité du monde, l'image d'Israël et l'image de Netanyahou sont indissociables. Du moins théoriquement, cela ouvre la voie à une expérience de réhabilitation rapide de l'image. On ne peut pas remplacer Israël pour améliorer l'image de Netanyahou, mais on peut remplacer Netanyahou pour améliorer l'image d'Israël.

La conclusion semble assez claire : aux yeux de la majorité du monde, l'image d'Israël et l'image de Netanyahou sont indissociables. Du moins théoriquement, cela ouvre la voie à une expérience de réhabilitation rapide de l'image. On ne peut pas remplacer Israël pour améliorer l'image de Netanyahou, mais on peut remplacer Netanyahou pour améliorer l'image d'Israël.