La session d'été de la Knesset s'est ouverte hier — la dernière avant les élections — et elle sera marquée par des tentatives de la perturber en modifiant les règles du jeu démocratiques, et ce, à la toute dernière minute.
Il n'est guère surprenant que la coalition, avec Netanyahu à sa tête, craigne de perdre les prochaines élections. Les sondages indiquent qu'environ quarante pour cent des électeurs du Likoud lors des dernières élections envisagent de ne pas voter cette fois pour le parti. Certains d'entre eux décideront peut-être au dernier moment dans l'isoloir de glisser un bulletin du Likoud par habitude — mais combien voteront pour un parti d'opposition, iront simplement à la plage ou resteront chez eux ? Très nombreux.
Laissons les sondages de côté. Chacun d'entre nous connaît dans son entourage proche des électeurs du Likoud qui ont perdu toute illusion. Que ce soit à cause du désastre du 7 octobre, de la loi d'exemption militaire — alors qu'un membre de la famille a « enchaîné » des centaines de jours de réserve —, ou du dégoût que leur inspire le comportement personnel des Netanyahu : ceux de l'axe Jérusalem-Césarée et ceux de l'axe Tel Aviv-Miami. Ou peut-être simplement parce que ce gouvernement ne sert plus le public, et que tout s'effondre ici.
Sur la table pour l'instant, la loi d'exemption militaire qui revient devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense, présidée par Boaz Bismuth — celui qui a présenté ses condoléances pour la chute au combat du soldat Liam Ben Hamo z"l tout en faisant la fête à la « Likoudiada ». Bismuth a déclaré il y a quelques jours qu'il finaliserait la loi d'exemption (il a dit « loi de conscription », mais nous comprenons tous qu'il ne s'agira pas de conscription ici) dans un délai d'une semaine.
Et sous nos yeux, les tentatives de délégitimation du Comité central des élections ne cessent pas un instant, lui dont la responsabilité est de veiller au bon déroulement du processus électoral.
Le président du comité, l'honorable vice-président de la Cour suprême Noam Solberg, colon portant kippa, a « survécu » à la machine à poison — partiellement. Alors on a tenté de récuser la conseillère juridique qu'il a légalement désignée. Ilan Bombach, avocat servant à titre privé le gouvernement, en alternance avec l'avocat Zion Amir, a supervisé la manœuvre. Cette fois, ils ont échoué.
Le président du comité, l'honorable vice-président de la Cour suprême Noam Solberg, colon portant kippa, a « survécu » à la machine à poison — partiellement. Alors on a tenté de récuser la conseillère juridique qu'il a légalement désignée. Ilan Bombach, avocat servant à titre privé le gouvernement, en alternance avec l'avocat Zion Amir, a supervisé la manœuvre. Cette fois, ils ont échoué.
On tente également de récuser la nomination de Me Din Livne, désigné par le juge Solberg comme directeur général du Comité central des élections en remplacement d'Orly Edès, qui a pris peur et démissionné. Et voilà qu'on le transforme subitement en partisan de Lapid, en homme de gauche — comme nous tous. Comme quiconque n'est pas bibitiste.
On tente aussi d'abaisser l'âge du droit de vote. Peut-être serait-ce justifié, mais certainement pas cinq mois avant le scrutin. Désormais, on essaie également d'abaisser le seuil d'éligibilité, afin de permettre aux partis du bloc Netanyahu d'entrer à la Knesset, et même de légiférer une loi pour l'élection directe du Premier ministre en cas d'égalité entre les blocs. Il n'y a pas de limite à la fertile imagination. On cherche aussi à faire voter une loi permettant de licencier toutes les nominations de hauts fonctionnaires et d'en désigner de nouveaux sans commission de validation des nominations. « Comme en Amérique », disent-ils — oubliant simplement qu'en Amérique, le système de gouvernement est totalement différent. Là-bas, chaque nomination importante (y compris les ministres) passe par plusieurs jours d'auditions sévères au Congrès, à la suite desquelles de nombreuses candidatures de hauts responsables ont été retirées. Et chez nous ? Netanyahu annonce d'ores et déjà que c'est lui et lui seul — moi, moi et moi — et son épouse qui nomme, révoque, décide et tranche.
Vous voulez faire avancer des lois qui modifient les règles du jeu ? Seulement après les élections, et seulement après les avoir déclarées publiquement avant d'aller aux urnes. On ne change pas les règles pour en changer le résultat.