Shay Kaplan est partie en Inde avec une tumeur au cerveau, résignée à son sort. Puis le yoga est arrivé.
Le silence s'est abattu sur la salle. Dans les flaques de lumière que dessinaient les larges fenêtres, quelques dizaines de corps se découpaient — pliés, torsadés, recueillis — leurs membres tendus avec une précision géométrique sur les tapis de yoga colorés. Shay Kaplan s'est lentement laissée glisser sur un support de bois arqué, cambrée vers l'arrière jusqu'à ce que sa tête se retrouve suspendue à l'envers et ses bras déployés sur les côtés. La posture Dwi Pada Viparita Dandasana. Des dizaines de concepts en sanskrit avaient envahi son univers ces dernières semaines — et c'était encore ce qu'il y avait de moins étrange dans tout ce qui lui était arrivé cette année. L'année 2005 s'inscrira sans aucun doute comme un tournant dans sa vie. Elle ne voit plus seulement la mort devant elle.