Une légitimation institutionnelle de l'esquive
Cette démarche consacre et légitime le refus de servir. Rester assis dans une maison d'étude, dans un espace climatisé et confortable, est présenté comme l'équivalent du combat en première ligne. Telle est la Torah, et telle est la récompense accordée à un gouvernement qui achète son soutien contre des exemptions de service militaire.
Toutes ces années durant lesquelles des avrekhim ont pu s'asseoir et étudier la Torah n'ont été rendues possibles que parce qu'une armée forte les protégeait. Ils s'accrochent aux miracles et à la foi, tandis que la Torah elle-même commande de se battre pour le droit de vivre en cette terre. Chaque jour, ou presque, des soldats tombent à la frontière nord et sur d'autres fronts. Des entreprises s'effondrent parce que des réservistes sont contraints de tout abandonner pour tenir la ligne de front. Ils combattent au péril de leur vie et protègent les familles de chacun d'entre nous, mais le gouvernement choisit de promouvoir une législation qui leur nuit, qui accentue l'inégalité et qui désagrège la solidarité israélienne.
Un acte politique, non halakhique
Cette démarche n'est pas halakhique. Bien au contraire, elle contrevient à la loi juive. Il s'agit d'un geste purement politique, destiné à garantir une vie tranquille à une communauté aux dépens d'une autre qui se sacrifie. La Torah n'a jamais été conçue comme un instrument d'évasion des devoirs civiques, ni comme un outil d'enrichissement personnel. Et pourtant, des apparatchiks politiques veulent aujourd'hui en faire le prétexte minable d'un secteur entier qui refuse de porter la charge commune.