Puis arrivent soudainement des recours devant la Cour suprême au nom du pluralisme et des droits des femmes, et une réalité qui était si claire et si stable se trouve ébranlée. C'est ainsi qu'une crise est née. Non pas parce que ces jeunes hommes ont cessé de vouloir servir, ni parce qu'ils ont cessé de vouloir être des combattants, mais parce qu'on a soudainement changé les règles du jeu.

Le meilleur de nos fils ne demande ni exemption ni passe-droit. Ils demandent simplement à servir sans renoncer à la halakha ni au mode de vie dans lequel ils ont été élevés. On parle de féminisme et de droits égaux, mais quelqu'un s'est-il seulement arrêté pour réfléchir à la réalité concrète ? Non pas aux slogans, mais à la vie sur le terrain. À de longues heures confinés dans un char, hommes et femmes ensemble. Qu'en est-il de l'intimité ? De la pudeur ? Du besoin — soit dit avec tout le respect qui s'impose — de satisfaire ses besoins naturels dans des conditions de combat ? Des contraintes physiques et personnelles qu'implique un tel service ? Ce sont des questions fondamentales que toute personne raisonnable aurait dû poser.

Quelqu'un a-t-il réfléchi à ce que ces conditions signifient concrètement ? L'égalité des chances doit-elle s'imposer à n'importe quel prix ? Il semble parfois que ceux qui siègent dans les salles de délibération sont tellement absorbés par les grandes idées qu'ils en oublient les hommes et les femmes sur le terrain. Et c'est précisément là le problème.

Au nom d'un pluralisme imaginaire, on porte atteinte au vrai pluralisme. Au nom de l'égalité, on ignore des milliers de combattants religieux qui ne demandent qu'une seule chose : préserver leur identité. On favorise une communauté pour paraître sous son meilleur jour aux yeux du progressisme, tout en excluant dans le même souffle une autre communauté — une communauté qui contribue, qui sert et qui combat. C'est une communauté qui ne fuit pas les blindés. Bien au contraire. Elle veut être dans les blindés, elle veut apporter sa part, elle veut servir le pays. Mais quelqu'un la pousse délibérément vers une collision avec ce qui est au cœur de son être — la halakha. Au lieu de trouver une solution respectueuse de tous, on crée un affrontement qui n'existait pas.

La Cour suprême nous met en garde contre une crise constitutionnelle, mais il semble que personne ne soit attentif aux avertissements des rabbins face à une crise spirituelle. Certains ont tellement hâte de contraindre les jeunes des yeshivot à choisir entre l'amour de la terre et de l'État et l'amour de Dieu. Je n'en suis pas surprise. Ce n'est pas la première fois que nous voyons à qui importe réellement la sécurité du pays, et qui est prêt, au nom de principes abstraits, à tout ébranler. Ce combat inutile n'est ni urgent ni impressionnant. Et ce qu'il y a de plus ironique, c'est que la majorité des femmes elles-mêmes, semble-t-il, diraient exactement la même chose.