Non seulement l'ambassade d'Israël à Washington a rejeté ces allégations, mais une source à la Maison-Blanche a clairement indiqué qu'il s'agissait de pure foutaise. Derrière cette fuite — qui, soit dit en passant, ne contient aucune preuve, ni même la moindre affirmation qu'un tel espionnage serait effectivement pratiqué, mais évoque uniquement des « craintes » — se cache un intérêt transparent.

Cette information survient dans le contexte d'une initiative législative au Congrès visant à approfondir la coopération technologique et le développement conjoint d'armements pour les systèmes de défense d'Israël et des États-Unis, dans le cadre d'un processus destiné à remplacer l'aide financière directe américaine à Israël par un modèle de partenariats stratégiques.

Mais la droite isolationniste comme la gauche progressiste aux États-Unis — deux faces d'une même pièce — ne souhaitent voir aucun approfondissement des liens avec Israël, même si l'objectif est précisément de mettre fin à l'aide directe à laquelle ils s'opposent. Ils veulent une rupture totale des relations entre les deux pays, d'où cette histoire fabriquée autour d'une « crainte d'espionnage israélien ».

Dans les faits, depuis l'affaire Jonathan Pollard, Israël se garde avec une extrême prudence de mener des activités d'espionnage aux États-Unis — le préjudice ne vaut tout simplement pas le bénéfice —, même s'il existe des indications que ce sont en réalité les États-Unis qui déploient des efforts à caractère « espion » en Israël.

L'État profond est une réalité bien existante — en Israël comme aux États-Unis — tout comme son mode d'action à travers des journalistes et des médias qui partagent secrètement son agenda tout en se donnant des airs d'« objectivité ». Il s'agit d'un phénomène dangereux.