Mais pendant que nous comptabilisons les succès à Gaza, des combattants au nord vivent chaque jour dans une réalité dangereuse, en constante évolution sous leurs yeux.
L'ère des drones à fibre optique
Au Liban, la menace principale n'est plus seulement les missiles antichar ou les roquettes. Nous sommes entrés dans l'ère des drones explosifs : de plus en plus de soldats de Tsahal sont blessés par des drones guidés par fibre optique que le Hezbollah déploie contre nos forces.
Ces engins sont quasi impossibles à neutraliser par les moyens conventionnels, car ils sont reliés physiquement à leur opérateur par un câble fin. Il n'y a aucune fréquence à brouiller, aucun système capable de simplement les « éteindre ».
Le Hezbollah a appris cette technique de la guerre en Ukraine, où la leçon capitale a déjà été bien assimilée : les guerres d'usure prolongées donnent à l'ennemi le temps d'apprendre à vous connaître, de s'améliorer et de rendre chaque jour supplémentaire sur le champ de bataille plus dangereux que le précédent.
Clausewitz et Sun Tzu avaient raison
C'est précisément la raison pour laquelle l'historien militaire Carl von Clausewitz écrivait que l'objectif de la guerre est une décision claire et aussi rapide que possible. Sun Tzu avertissait déjà il y a des millénaires qu'aucune nation ne tire profit d'une guerre prolongée. Lorsque la puissance dominante commence à hésiter, l'ennemi plus petit et plus cruel apprend à faire de l'usure elle-même une arme. Israël se trouve précisément à un tel tournant.
Il est évident pour tous que l'Iran représente la véritable menace majeure, et il est fort possible que dans les prochains jours nous assistions à des développements dramatiques à son égard. Mais c'est précisément pour cette raison que le front libanais ne doit pas devenir une autre arène qui s'enlise sans décision tranchée. Les soldats de Tsahal ne doivent pas avoir le sentiment que quelqu'un hésite à conclure la partie au nord, simplement parce que tous les regards sont tournés vers Téhéran.
La confiance, fondement de la puissance d'une armée
La confiance est le socle de la puissance d'une armée. Un combattant doit savoir que lorsqu'on l'envoie encore et encore au Liban, il y a un objectif clair et la détermination de l'atteindre.
Il est impossible de demander aux réservistes de quitter une nouvelle fois leur famille, leurs enfants, leurs entreprises et leur emploi, sans qu'ils aient le sentiment que l'État entend véritablement changer la réalité et non pas simplement gérer un nouveau cycle de violence. Cette réalité se ressent également dans la pression colossale sur l'ordre de bataille.
Après de longs mois de guerre, Tsahal est tendu à l'extrême. Il manque de main-d'œuvre, l'usure du dispositif de réserve est significative, et il y a une limite à ce que l'on peut imposer encore et encore aux mêmes hommes. C'est précisément maintenant qu'une décision stratégique claire s'impose. Plus de confinement, plus de réponses ponctuelles, plus de situation en demi-teinte.
Une décision politique, pas militaire
L'État d'Israël doit écraser le Hezbollah, frapper durement ses dispositifs de tirs et ses drones, l'éloigner réellement de la frontière et créer une nouvelle réalité qui permette aux habitants du nord de retrouver une vie de sécurité et de stabilité.
La grande question n'est pas ce que Tsahal est capable de faire, mais ce que l'échelon politique est prêt à décider. Car la capacité existe, le courage des combattants existe, et l'esprit du peuple existe aussi. Ce qui manque en ce moment, c'est la clarté. Au Moyen-Orient, il n'y a pas de vide : quand Israël ne tranche pas en temps voulu, l'ennemi interprète cela comme une faiblesse. Et au Moyen-Orient, lorsqu'une puissance forte laisse paraître de l'hésitation, l'ennemi ne disparaît pas — il se renforce et se rapproche.