Remettre de l'ordre dans la confusion

Après des heures de confusion et d'incertitude, il est temps de clarifier la situation : sur quoi le président américain Donald Trump s'est-il réellement mis d'accord ? L'accord actuel repose sur deux principes épurés : le détroit d'Ormuz doit rester ouvert à la navigation libre, et l'Iran ne doit pas se doter d'armes nucléaires. Trump ne cesse de répéter ces engagements à chaque occasion, tout en œuvrant à l'ouverture des voies maritimes à tout prix.

Pourquoi un accord aussi minimaliste ?

La question centrale est la suivante : pourquoi Trump était-il aussi impatient de conclure un accord aussi restreint, au point d'imposer à Israël de s'abstenir de toute interférence — même au prix de pertes militaires ? Pourquoi le vice-président JD Vance, pourtant hostile aux guerres, est-il passé au premier plan, tandis que le secrétaire d'État Marco Rubio a été relégué à l'arrière-plan ? Personne ne parvient à fournir une explication convaincante à cette obsession, au-delà d'alibis superficiels tels que la Coupe du monde, un anniversaire, les élections de mi-mandat et autres prétextes du même acabit.

Que prévoit Trump pour l'Iran durant ces 60 jours de cessez-le-feu ?

La réponse semble se trouver dans ce qui s'est passé à Pékin lors d'une visite effectuée le mois dernier (mai 2026). Trump s'est rendu en Chine après neuf ans de rupture avec le président Xi, et après une année de bras de fer économique et politique destiné à rogner l'hégémonie chinoise. Il avait même repoussé cette visite d'un mois en raison de l'opération en Iran, cherchant à se présenter en position de force.

Pourtant, Trump est arrivé à Pékin moins fort qu'il ne l'avait espéré. Il comptait se présenter en vainqueur en Iran pour contraindre la Chine à accepter des mécanismes de contrôle commercial, des accords sur les terres rares et sur l'intelligence artificielle — autant d'instruments devant lui assurer la maîtrise de l'économie mondiale. Les Chinois, de leur côté, ont refusé de coopérer et ont brandi la menace d'une escalade militaire autour de Taïwan, en représailles à l'interruption par Washington des livraisons de pétrole iranien bon marché.

Une déclaration commune en une seule phrase

Comme il est d'usage entre grandes puissances, les discussions ne se sont pas soldées par un éclat mais par des méga-contrats — notamment la vente de 200 avions Boeing à la Chine. Cependant, la déclaration commune s'est révélée lapidaire, tenant en une seule phrase : « Le détroit d'Ormuz doit rester ouvert à la navigation libre et l'Iran ne doit pas posséder d'armes nucléaires. » C'est précisément ce principe qui fonde l'accord actuel de Trump avec l'Iran.

La formule « pétrole contre Iran dénucléarisé »

Trump agit en homme d'affaires qui cherche à instaurer un nouvel ordre mondial. Confronté à l'intransigeance chinoise, il a dû se contenter de la formule « pétrole contre Iran dénucléarisé ». Pour obtenir la signature, il était prêt à tout : brider Israël, faire de Qatar et du Pakistan des médiateurs, et mettre en avant JD Vance, qui bénéficie de la confiance des Iraniens et des Pakistanais.

Si cette analyse est juste, l'Iran n'est pas vraiment au cœur des préoccupations de Trump. Il utilisera les 60 jours de cessez-le-feu pour honorer sa part du marché avec les Chinois. Ensuite, Israël, fidèle alliée des États-Unis, retrouvera sa place centrale, et Trump tentera de démontrer qu'il a réussi, à sa manière, à enrayer le programme nucléaire iranien.

Le « sale boulot » laissé à Israël ?

Si l'accord nucléaire n'aboutit pas, Trump pourrait laisser à Israël le « sale boulot ». Tout comme il a démantelé le quartier général de Kiryat Gat après s'être senti trahi par la Turquie et le Qatar, et a rendu à Israël la gestion de Gaza, il pourrait agir de même ici. À compter de la semaine prochaine, il sera possible de commencer à discerner la véritable direction que prend ce président.