Ce matin, à 10h00, tout un pays a retenu son souffle devant la diffusion en direct depuis la Cour suprême. Au cœur du débat : la nomination de Yehuda Eliyahu au poste de directeur général de l'Autorité foncière d'Israël (Rami). En apparence, il s'agit d'une procédure administrative simple. En réalité, il s'agit d'une bataille décisive pour la gouvernabilité, la démocratie et le droit fondamental d'un gouvernement élu à mettre en œuvre la politique pour laquelle il a reçu un mandat du public.
L'absurdité crie de chaque recoin de la salle d'audience. Des pétitions tracassières, menées par des organisations de l'extrême gauche, tentent encore et encore d'utiliser le système judiciaire comme un outil politique contournant la démocratie. Face à elles se dresse la conclusion professionnelle, univoque et irréprochable du comité de sélection officiel, qui a défini Eliyahu comme le candidat le plus adapté pour diriger l'organisme responsable des terres de l'État. Pourtant, les juges de la Haute Cour, dans une composition antagoniste qui a déjà manifesté son impatience envers la position de l'État, ont préféré signaler ce matin leur intention d'intervenir, d'annuler, ou de faire marche arrière.
Ce n'est pas une interprétation juridique : c'est une confiscation tyrannique des prérogatives du peuple et de ses représentants. C'est le gouvernement élu par des millions de citoyens qui doit diriger l'État, et non une formation de juges qui n'a de comptes à rendre à personne. Face à ce décrochage institutionnel, le terrain a dit ce matin ce qu'il avait à dire avec une force inédite depuis des années. Un mouvement de soutien national, traversant les secteurs, les partis et les opinions, s'est dressé comme un rempart inexpugnable derrière la nomination d'Eliyahu. Des dizaines de chefs de collectivités locales — du Nord bombardé jusqu'à l'enveloppe de Gaza en pleine reconstruction, des maires du centre du pays aux dirigeants de la communauté druze — ont signé un appel ferme à la Haute Cour : ne touchez pas à cette nomination.
Lorsque le président du Centre des conseils régionaux Shai Hajaj, le président du Forum des chefs de collectivités druzes Yasser Gadbane, le maire de Kiryat Shmona Avichai Stern, la chef du conseil d'Eshkol Michal Uziahu et le président du Conseil de Yesha Israël Ganz cosignent ensemble un même document, ce n'est pas un événement politique. C'est un vaste consensus national des femmes et des hommes qui sont en première ligne de l'action, qui comprennent que Yehuda Eliyahu est le bon homme au bon endroit.
Un proche de Yehuda Eliyahu m'a confié ce matin que l'équipe de défense s'est présentée à l'audience la tête haute et avec une détermination absolue à se battre pour la nomination à laquelle il a eu droit selon la loi. Ils arrivent avec la conviction que la justice et la logique professionnelle doivent l'emporter, et que la Cour finira par respecter la volonté de l'écrasante majorité du peuple d'Israël.
La question qui demeure ouverte à l'issue de cette audience résonne dans l'espace public : la pression populaire massive, la légitimité professionnelle et la démocratie israélienne intéressent-elles seulement les juges de la Haute Cour ? Ou assisterons-nous une nouvelle fois à une ingérence judiciaire politique écrasant la gouvernabilité et l'intérêt des citoyens ? Les réponses se dégageront de la décision officielle, mais une chose est certaine : le peuple d'Israël, dans toute sa diversité et à travers ses vrais représentants sur le terrain, tient bon. Nous n'accepterons pas une réalité dans laquelle des fonctionnaires et des robes remplacent le souverain dans les urnes. L'Autorité foncière d'Israël a besoin d'un leadership professionnel et sioniste, et le peuple ne permettra pas à la conception juridique de triompher de l'intérêt national.