Presque chaque président américain, républicain ou démocrate, a soutenu que cette loi était inconstitutionnelle au motif qu'elle empiétait sur ses prérogatives de commandant en chef. Et pourtant, le secrétaire d'État Marco Rubio affirme : « Nous opérons dans le cadre de la loi. » C'est pourquoi le président a notifié au Congrès que l'opération « Fureur épique » était terminée. Cela ne signifie nullement que l'Iran est libre d'agir à sa guise désormais. Nous sommes maintenant dans le cadre du « Projet Liberté », a précisé Rubio. L'idée : garantir la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz — un détroit qui ne saurait être libre si l'Iran détient l'arme nucléaire.
Trump n'est pas connu pour sa patience, mais il l'est pour son goût de la victoire. Pour triompher, il prépare ses coups et appelle cela la « stratégie de la patience ». Trump sait que les ayatollahs jouent la montre ; il faut donc que le camp d'en face fasse preuve, lui aussi, de patience.
La « stratégie de la patience » : une pression cumulative
La stratégie du président repose sur l'application d'une pression cumulative : isolement diplomatique, sanctions économiques, constitution d'une coalition internationale autour de la liberté de navigation, et un message adressé aux pays du monde entier — y compris la Chine — que le pétrole iranien bon marché aujourd'hui pourrait s'avérer très coûteux demain.
Sans même s'en rendre compte, des pays qui s'opposaient à une intervention militaire rejoignent la coalition contre l'Iran. Car un Iran non maîtrisé n'est pas seulement un problème pour Israël et les États-Unis — c'est une menace pour la stabilité énergétique, commerciale et sécuritaire mondiale.
L'effondrement des régimes ne vient pas toujours des bombes
Quant au renversement du régime ? Personne n'a jamais cru que le pouvoir à Téhéran tomberait sous les bombes aériennes. Mais les régimes s'effondrent aussi autrement : quand l'économie se brise, quand la monnaie s'effondre, quand le pouvoir n'a plus les moyens de rémunérer ses propres appareils de coercition — policiers, soldats, Gardiens de la Révolution. C'est alors qu'ils commencent à déserter.
Les Iraniens pensent jouer la montre face à Trump. Il les battra à leur propre jeu, grâce à sa « stratégie de la patience ». Et quant aux relations entre Trump et Netanyahou — n'avez-vous toujours pas compris qu'ils jouent au bon flic et au mauvais flic, et qu'ils en savourent chaque instant ?