Trump n'est pas « pro-israélien » au sens romantique que nous aimerions imaginer. Pour lui, c'est « l'Amérique d'abord ». Il se soucie d'Israël et le soutient, mais le président est avant tout engagé envers les États-Unis et leur politique intérieure. Il veut ardemment en finir avec la guerre contre l'Iran et ramener les soldats américains à la maison — c'est là sa priorité absolue. Et il ne frappe pas les Iraniens malgré ses menaces, même quand ceux-ci s'en moquent ouvertement. Trump est connu pour ne pas garder ses frustrations pour lui, et la situation est extrêmement frustrante de son point de vue. Il sait qu'il est du bon côté, mais du côté impopulaire. Cela nous frustre tous.

De l'autre côté, le Premier ministre d'Israël n'est pas censé être le faire-valoir d'un président américain, aussi amical soit-il. Le rôle du Premier ministre israélien est de défendre avant tout les intérêts israéliens. L'un de ces intérêts est, certes, la préservation des relations avec la puissance la plus forte du monde, notre unique alliée stratégique significative. Mais une alliance n'est pas une subordination. Sur ce fil ténu ont marché et marcheront tous les Premiers ministres d'Israël.

Ce n'est pas une crise, c'est de la souveraineté

Pendant des mois, le débat public et les plateaux de télévision ont été occupés par l'argument selon lequel Israël aurait perdu son indépendance, que Trump « gérerait » la guerre et que Jérusalem exécuterait ses ordres. Aujourd'hui, quand Israël fait preuve de souveraineté — non par provocation, mais par sens des responsabilités — et dit « jusqu'ici et pas plus loin ! », au lieu de se précipiter pour sonner le glas de cette relation, il serait plus juste de soutenir le Premier ministre.

Les alliances solides ne se mesurent pas à leur capacité à toujours être d'accord, mais à leur capacité à survivre aux désaccords. Les relations entre Israël et les États-Unis sont bien plus solides qu'un titre accrocheur ou qu'une remarque cinglante de Trump, qui est un champion des déclarations abruptes. On peut ne pas s'en émouvoir, car aux États-Unis, on est déjà habitué au style du président.