La rhétorique était assez familière : une analyse stratégique impressionnante du passé. Des succès. Une vision forgée sur des décennies, qui se serait enfin matérialisée dans les faits. Mais pour la première fois depuis le début de la guerre, c'est dans la partie tournée vers l'avenir que l'ambiguïté inhabituelle s'est révélée préoccupante.
Le Premier ministre a excellé dans l'exercice qui consistait à tracer les contours de la campagne globale menée par Israël sous sa direction ces dernières années — à Gaza, au Liban, en Syrie, et surtout face à la tête du poulpe iranien. Quiconque a regardé Netanyahu ne pouvait manquer d'être frappé par sa capacité à relier les points pour former un tableau stratégique d'ensemble. Il a incarné un leadership visionnaire, qui n'a pas rarement agi en opposition frontale avec le consensus sécuritaire et politique en Israël.
À l'épreuve du bilan historique, Netanyahu a eu raison sur de nombreux points où ses rivaux politiques ont failli dans leur lecture de la réalité. Les tentatives de ces derniers de promouvoir une ligne plus conciliante auraient pu se solder par un désastre stratégique, et Netanyahu n'a pas hésité à rappeler au public que c'est sa main ferme qui a empêché un ancrage iranien encore plus dangereux à nos frontières.
Mais il y avait, comme indiqué, une partie troublante. Alors que Netanyahu s'est distingué dans l'explication du passé, le Premier ministre a peiné à apporter une réponse claire aux angoisses qui taraudent aujourd'hui l'opinion publique israélienne. Les questions difficiles sont restées en suspens, sans réponse satisfaisante. Le public voulait entendre si Israël compte exploiter la fenêtre d'opportunité pour éliminer une bonne fois pour toutes la menace stratégique que représente le Hezbollah — ou si ses mains sont désormais liées. Il a mentionné le maintien de forces de Tsahal en profondeur sur le terrain, mais n'a pas dit ce qu'il adviendrait du quartier de Dahiyeh. Israël est-il autorisé à prendre des initiatives pour démanteler l'organisation terroriste libanaise, ou bien a-t-on ce soir officiellement déclaré le retour aux mauvais vieux jours du « calme contre calme » ?
Le public israélien, qui a vécu dans sa chair les conséquences de la conception sécuritaire défaillante, a besoin de certitudes, non de messages ambigus. Pour préserver la confiance du public, il ne suffit pas de prouver qu'on avait raison hier ; il faut clairement indiquer qu'on sait exactement où on nous mène demain.