Il est impossible de décrire notre émotion lorsque nous avons appris la décision de transférer les compétences de planification et de construction dans les quartiers juifs d'Hébron — jusqu'alors détenues par la municipalité arabe d'Hébron — aux mains de l'État d'Israël. Même ceux qui ne savent pas exactement où se trouve Hébron ni ce que sont les accords d'Hébron sentiront immédiatement qu'il ne s'agit pas d'une décision administrative ordinaire. C'est un acte de souveraineté effective.
Pourquoi avons-nous ressenti cela ?
La réponse est simple : pendant près de trois décennies, une situation absurde a perduré, dans laquelle une partie des compétences relatives aux sites juifs et à la communauté juive d'Hébron impliquait la municipalité arabe d'Hébron. Saisissez l'absurdité : une entité arabe étrangère qui décide pour les Juifs de ce qu'ils peuvent faire en Terre d'Israël, dans la Terre de la Bible !
Désormais, enfin, après 30 années d'humiliation, l'État d'Israël a repris ces compétences et les a placées entre ses propres mains. Ce n'est plus la municipalité arabe d'Hébron qui tranchera, mais le gouvernement israélien. Non plus une autorité palestinienne, mais un souverain israélien. Aussi importante que la décision elle-même est l'identité de ceux qui l'ont prise. Le ministre de la Défense, Israël Katz, et le ministre des Finances et ministre au ministère de la Défense, Bezalel Smotrich, sont ceux qui ont conduit et annoncé cette démarche.
Il ne s'agit pas d'une décision de fonctionnaires ou d'acteurs locaux, mais d'une décision émanant du plus haut niveau politique responsable de ce qui se passe en Judée-Samarie. C'est une étape importante de remise en cause des accords d'Oslo par la prise de responsabilité, l'exercice de l'autorité et l'établissement de faits sur le terrain. Hébron démontre que ce qui a pu être cédé dans le cadre d'Oslo peut également être repris.
Un mouvement s'inscrivant dans une dynamique plus large
La démarche à Hébron s'inscrit dans une réalité plus vaste. La colonisation se développe, de nouvelles fermes s'établissent dans les étendues de Judée-Samarie, et la société israélienne s'éloigne progressivement de la conception du partage du territoire en zones A, B et C. Cette division, née des accords d'Oslo, a été perçue pendant des années comme une réalité permanente. En pratique, elle perd peu à peu sa légitimité aux yeux du public.
Mais le problème d'Oslo n'était pas seulement géographique. Les accords d'Oslo n'ont pas seulement découpé la terre et blessé sa continuité nationale et de peuplement. Ils ont également créé l'espoir de l'établissement d'un État palestinien au cœur du pays — un espoir qui est devenu au fil des années le principal moteur du conflit plutôt que de sa résolution.
Depuis la signature de ces accords, les citoyens israéliens ont payé un lourd tribut de sang. Plus de 1 500 Juifs ont été assassinés dans des attentats terroristes lors des vagues de terreur qui ont éclaté après Oslo. Au lieu d'une éducation à la paix, nous avons reçu de l'incitation à la haine. Au lieu du démantèlement des infrastructures terroristes, nous avons obtenu la glorification des terroristes. Au lieu de réconciliation, nous avons eu la poursuite d'une lutte nationale contre l'existence même de l'État d'Israël.
Une terre qui n'appartient pas qu'à une seule génération
Mais même si toutes les promesses d'Oslo s'étaient réalisées, il n'est pas permis de renoncer à cette terre, lieu de notre identité et de notre histoire. La Terre d'Israël n'appartient pas seulement aux fils de cette génération. Elle est un héritage reçu des générations passées et un dépôt que nous avons l'obligation de transmettre aux générations futures. Nul n'a l'autorité morale ou nationale d'y renoncer. Elle n'est pas la propriété de dirigeants, de gouvernements ou d'accords politiques. Elle appartient au peuple d'Israël tout entier — aux hommes du passé, du présent et de l'avenir.
La souveraineté officielle viendra d'une décision nationale de l'État d'Israël — par une décision gouvernementale ou un vote de la Knesset — qui appliquera la loi et la souveraineté israéliennes à la Judée-Samarie. Mais la voie vers la souveraineté se trace dès aujourd'hui. La décision d'ôter des compétences à la municipalité arabe d'Hébron et de les transférer à l'État d'Israël n'est pas encore l'application d'une souveraineté pleine et entière, mais elle est assurément l'expression d'une souveraineté effective.
Pour la première fois depuis des années, l'État d'Israël ne tient plus pour acquis la répartition des compétences née des accords d'Oslo, mais reprend en main des pouvoirs qui avaient été cédés à une entité palestinienne. C'est une étape importante de remise en cause des accords d'Oslo par la prise de responsabilité, l'exercice de l'autorité et l'établissement de faits sur le terrain. Hébron démontre que ce qui a pu être cédé dans le cadre d'Oslo peut également être repris.
Hébron n'est pas la fin du chemin — c'est un jalon
Hébron n'est pas le terme du voyage — c'est un jalon sur la voie de la souveraineté et de la remise en cause des accords d'Oslo.
La grande décision s'impose désormais : une décision nationale de l'État d'Israël — par une décision gouvernementale ou un vote de la Knesset — pour appliquer la loi et la souveraineté israéliennes à la Judée-Samarie.
Non le partage, mais la responsabilité.
Non le retrait, mais la souveraineté.
Non Oslo, mais Israël.
Non le partage, mais la responsabilité.
Non le retrait, mais la souveraineté.
Non Oslo, mais Israël.
Yehudit Katsover est présidente du Mouvement pour la Souveraineté.