Gadi Eisenkot n'est pas un simple politicien qui entre dans l'arène ; il représente ce que l'on pourrait définir comme une « grave défaillance » dans la démocratie israélienne. Cet homme, qui a passé toute sa carrière dans les couloirs du « deep state » sécuritaire, tente désormais d'opérer sa transition vers la vie publique en recourant à une stratégie d'ingénierie des consciences et à un voyage déguisé destiné à masquer sa vérité politique et personnelle. Eisenkot, soutenu par un fort vent arrière de la part des chaînes de gauche, cherche à se peindre en leader d'État, mais un regard plus approfondi révèle un schéma récurrent de rejet identitaire et de mépris envers le public.

La dernière tentative de séduction d'Eisenkot vis-à-vis du parti Shass en est l'illustration flagrante de ce cynisme politique. Il y a peu, des vidéos le montraient attaquant les chefs des partis ultraorthodoxes et les accusant de percevoir des pots-de-vin, et voilà qu'aujourd'hui nous assistons à une tentative de « blanchiment » médiatique orchestré. Les titres de Ynet et des studios de la chaîne 12, qui s'évertuent à expliquer pourquoi une telle alliance serait légitime, voire souhaitable, font partie d'une machine de propagande bien huilée. Eisenkot tente de se déguiser en quelqu'un qui comprend le public traditionnel (massorti), alors que toute sa vie publique, il s'est efforcé de refouler ses racines et de renier son foyer d'origine au profit d'une étreinte chaleureuse de l'ancienne élite israélienne.

Un héritage sécuritaire loin d'être irréprochable

Sur le plan sécuritaire, l'héritage d'Eisenkot est loin d'être la forteresse professionnelle qu'il s'efforce de présenter. En tant que père du plan « Gideon » (Tarshe Gideon), il a promu la conception d'une armée réduite et technologique — une doctrine qui s'est effondrée lors des événements du 7 octobre. L'imprudence intellectuelle à l'égard de la menace des tunnels, qu'il avait jadis qualifiés de non stratégiques, couplée à son abandon du gouvernement en pleine guerre en raison de désaccords sur l'opération à Rafah, témoignent d'un ordre des priorités où l'intérêt politique et l'affrontement avec le Premier ministre Benjamin Netanyahou priment sur la sécurité nationale.

L'heure de démasquer l'homme du « deep state »

En fin de compte, le public israélien doit se demander s'il est prêt à accepter cette ingénierie des consciences. Eisenkot opère sous le bouclier médiatique du « deep state », l'entité qui le protège depuis l'affaire Harpaz jusqu'à aujourd'hui. Lorsqu'il monte à l'antenne pour attaquer grossièrement les journalistes qui osent révéler la vérité sur son parcours, il le fait par peur — la peur que le masque ne se déchire et que le public ne perçoive le fossé insupportable entre l'image d'homme d'État et la réalité politique douteuse qu'il représente.