La sélection belge s'est qualifiée pour les quarts de finale de la Coupe du monde grâce à une victoire convaincante 4:1 face aux États-Unis. Mais même après le coup de sifflet final, l'attention restait focalisée sur l'une des grandes controverses du tournoi : la décision de la FIFA d'autoriser l'attaquant américain Folarin Balogun à jouer malgré une suspension.

Balogun avait été expulsé lors du match précédent contre la Bosnie, au stade des huitièmes de finale. Normalement, un carton rouge entraîne automatiquement une suspension d'un match. Mais la FIFA a décidé de geler la sanction, en vertu de l'article 27 de son règlement disciplinaire, après que le président des États-Unis, Donald Trump, a demandé au président de la FIFA, Gianni Infantino, de réexaminer le dossier.

Infantino a précisé que les organes juridiques de la FIFA agissent « de manière indépendante et autonome », et qu'il avait expliqué à Trump que le cas de Balogun faisait l'objet d'une procédure juridique active. La commission de discipline de la FIFA a annoncé qu'elle avait le pouvoir de suspendre la sanction. Cette décision a suscité une vive polémique dans le monde du football, y compris de la part de la Fédération belge, qui a tenté sans succès de contester l'éligibilité de Balogun quelques heures avant le coup d'envoi.

Les joueurs de la sélection belge célèbrent leur victoire sur les États-Unis en imitant la « danse de Trump ».

Les joueurs de la sélection belge célèbrent leur victoire sur les États-Unis en imitant la « danse de Trump ».

La Belgique pique

Après la victoire, le milieu de terrain belge Nicolas Raskin a réagi à l'affaire : « Comme je l'ai dit, je pense qu'il y a toujours une forme de justice quelque part dans la vie. Ces choses peuvent arriver, on peut les justifier comme on veut, mais nous ne pensions pas que c'était équitable. » Il a ajouté : « Aujourd'hui, on a eu un peu de chance en retour. On devait gagner ce match, et c'est le message que l'on a emporté avec nous. »

Le compte Instagram officiel de la sélection belge a également lancé une pique bien sentie, en publiant une photo de Romelu Lukaku célébrant le quatrième but, accompagnée de la légende : « Overturn this » (« Renversez ça aussi »), en référence transparente à la décision de la FIFA.

L'entraîneur de la Belgique, Rudi Garcia, a choisi d'apaiser les tensions après le match. Interrogé sur la question de savoir si l'affaire avait fourni à ses joueurs une motivation supplémentaire, il a répondu : « Non, nous n'en avions pas besoin. La seule chose qui comptait pour nous, c'était notre plan de jeu. » Garcia a également révélé avoir échangé avec Balogun à la fin du match : « Il est venu me parler, et ça m'a vraiment touché. Ce n'est pas de sa faute, il n'est pas responsable de ce qui s'est passé — et c'est exactement ce que je lui ai dit. »

L'ombre de la blessure d'Onana

Malgré la fête belge, Rudi Garcia a désigné la blessure d'Amadou Onana comme « le seul nuage noir de la soirée ». Le milieu de terrain a été touché au genou droit dès la 19e minute, et on l'a vu à l'issue du match sur des béquilles avec une attelle au genou. Garcia a admis : « Ce ne sont pas de bonnes nouvelles, ni pour lui ni pour nous. J'ai le sentiment qu'il est forfait. » Onana devrait manquer le quart de finale contre l'Espagne et a peut-être joué son dernier match du tournoi.

Pochettino : « Ce n'est pas une excuse »

L'entraîneur des États-Unis, Mauricio Pochettino, a reconnu que son équipe n'avait tout simplement pas été au rendez-vous : « Nous n'avons pas montré notre vrai niveau en tant qu'équipe. Nous ne nous sommes pas connectés au match. La Belgique était meilleure que nous, point. » Il a souligné que même le but égalisateur de Malik Tillman n'avait rien changé, car « dans la foulée, nous avons encaissé — et on ne peut pas encaisser à un moment pareil ». Pochettino a rejeté tout lien entre la controverse Balogun et la défaite : « Nous n'étions pas assez bons aujourd'hui. Inutile de chercher des excuses. » Quant à son avenir, alors que son contrat expire à l'issue du Mondial, il a déclaré : « Il faut d'abord se reposer, réfléchir, discuter — et voir ensuite quelle sera la décision de la fédération et la nôtre. »

Interrogé à plusieurs reprises sur la polémique autour de la participation de Balogun, Pochettino a fini par exprimer sa frustration : « Je suis tellement frustré et déçu par les gens qui sont censés comprendre la situation. Ce n'est pas une excuse, ce n'était simplement pas notre jour. Mais à titre personnel, je me demande — à quoi ça sert de diffuser des messages négatifs ou de menacer ? Pourquoi mêler l'éthique et l'intégrité à cette histoire ? »

La polémique dépasse les frontières

La controverse autour de la décision de la FIFA a continué de s'étendre bien au-delà des États-Unis et de la Belgique. L'UEFA a publié une déclaration inhabituelle dans laquelle elle affirmait que la décision de geler la suspension de Balogun « avait franchi une ligne rouge », tandis que le vice-Premier ministre belge, Maxime Prévot, a qualifié l'intervention du président Trump et des autorités américaines de « décision incompréhensible », allant jusqu'à affirmer qu'il s'agissait d'une « violation flagrante des règles fondamentales du football et du sport ».

Les Américains nient toute influence

Les joueurs américains ont nié que l'affaire ait eu un quelconque impact sur leur performance. Le capitaine Tyler Adams a indiqué que les joueurs n'avaient appris l'annulation de la suspension que dimanche, après la publication de l'information, mais a insisté sur le fait que la polémique n'avait pas perturbé la préparation et avait peut-être même « donné un coup de boost » à l'équipe. Interrogé sur l'éventuelle influence de la controverse sur la prestation de Balogun, il a répondu : « Est-ce que l'un d'entre nous a vraiment pesé sur le match aujourd'hui ? »

Le vétéran Tim Ream a lui aussi rejeté tout lien entre l'affaire et la défaite : « Ça n'a eu aucune influence. Nous avons fait du bon travail tout au long du tournoi pour tenir le bruit de fond à l'écart du vestiaire. Ça ne nous concerne pas en tant que joueurs. Nous étions concentrés uniquement sur nous-mêmes et sur le match, et non sur ce qui se disait ou s'écrivait à l'extérieur. »