Une crise imminente aux conséquences catastrophiques
Aujourd'hui, la solution quasi exclusive pour l'élimination des déchets en Israël reste l'enfouissement. Il s'agit de gigantesques centres de stockage vers lesquels les déchets sont acheminés après tri dans les centres de transit. Au-delà des problèmes environnementaux inhérents à ce processus, un rapport de contrôle du Contrôleur de l'État publié en juillet 2025 a établi que les surfaces disponibles pour l'enfouissement des déchets existantes devraient être saturées dès 2026.
Les implications sont colossales : il n'y aura plus d'exutoire pour les déchets après leur traitement dans les centres de tri et de transit, et toute la chaîne de gestion des déchets s'en trouvera gravement perturbée. Les collectivités locales peineront à évacuer les ordures de leur territoire, faute de solution finale suffisante pour les centres de transit. De là à voir des ordures s'accumuler dans les rues des villes, il n'y a qu'un pas, franchi très vite. Il existe un risque réel que, dans le courant de l'année prochaine, nous atteignions une situation de pollution environnementale visible dans les rues des villes.
Une réponse d'urgence à court terme, une réforme structurelle à long terme
À court terme, l'État se doit d'intervenir et d'habiliter de nouveaux terrains pour l'enfouissement des déchets. Ce n'est pas une solution écologique, mais il est impossible de résoudre des décennies de négligence par un coup de baguette magique. À long terme, toute réforme du secteur des déchets doit amener l'État à cesser de percevoir les déchets comme une nuisance pour les traiter comme une ressource verte. L'État, par l'intermédiaire des ministères des Finances et de la Protection de l'environnement, doit encourager avec plus de vigueur la création d'installations de valorisation énergétique des déchets, à l'instar de ce qui se pratique en Europe depuis des décennies.
Pour que cela se concrétise, et rapidement, les ministères concernés ainsi que les organismes de planification et d'octroi de licences doivent s'engager pleinement dans cette mission, réduire la bureaucratie et avancer à marche forcée. L'horloge tourne et les surfaces d'enfouissement se réduisent à toute allure. Parallèlement, d'ici 2030, la population du seul Grand Tel-Aviv devrait croître d'environ 15 %, une évolution qui générera davantage de déchets encore. Tout atermoiement dans le traitement de ce dossier conduira à une catastrophe susceptible de nuire à la santé publique, à la qualité de l'environnement et, bien entendu, à la qualité de vie des habitants du Grand Tel-Aviv et du reste du pays.