Une issue incertaine aux conséquences potentiellement catastrophiques

Le sort de l'accord-cadre en cours de négociation entre les États-Unis et la République islamique d'Iran demeure incertain. Nous assistons à une réalité où pas un jour ne passe sans échanges de coups, accusations mutuelles et agressions manifestes — une dynamique qui remet sérieusement en question la capacité pratique d'aboutir à un accord finalisé dans un délai de soixante jours.

Il est essentiel que nous intégrions pleinement ce tableau de la situation : même si, le moment venu, un accord venait à être signé entre la Maison-Blanche et Téhéran, il s'agirait d'un mauvais accord à tous égards — un accord qui constituerait un désastre stratégique pour Israël. Il pavera la voie à l'Iran pour recevoir des milliards de dollars des États-Unis et lui permettra de tirer des revenus considérables et sans précédent de la vente de son pétrole.

La guerre dans le Golfe : un danger tout aussi redoutable

Mais il existe une deuxième option, tout aussi dangereuse, dont les conséquences seraient tout aussi désastreuses pour nous. Les échanges de coups répétés entre les États-Unis et l'Iran dans le détroit d'Ormuz pourraient dégénérer en une guerre ouverte et incontrôlable, dans laquelle les États-Unis reprendraient leurs frappes à pleine puissance contre des cibles stratégiques et militaires en Iran — avec ou sans la participation d'Israël. Il convient toutefois d'admettre, avec toute la prudence requise, que même cette fois, la superpuissance américaine ne sera vraisemblablement pas en mesure de faire tomber le régime iranien par la seule puissance aérienne.

Comme nous l'avons vu lors d'opérations telles qu'« Avec des lions » ou « Le rugissement du lion », peu importe les dommages infligés par les États-Unis aux infrastructures iraniennes : tant que le régime iranien demeure en place, toutes ces actions sont vaines. Le régime saura se reconstruire rapidement, avec l'aide de ses alliés que sont la Russie, la Chine et la Corée du Nord, retrouvera ses capacités militaires et s'en sortira même renforcé au-delà de ce qu'il était avant les frappes.

Israël seul face à une coalition hostile

Cette évolution laisserait Israël seul dans la bataille. Nous serions contraints d'affronter, sans le soutien des États-Unis et sans aucun filet de sécurité diplomatique, une situation où nos ressources s'épuisent et notre capacité à nous défendre s'érode. Ce serait faire face à l'Iran, mais aussi à l'alliance stratégique en formation regroupant la Turquie, l'Égypte, l'Arabie saoudite et le Pakistan — toutes dirigées contre Israël.

Nul besoin de remonter loin dans les pages de l'histoire pour voir comment les États-Unis, en tant que superpuissance mondiale, ont fui le Vietnam, puis l'Afghanistan, la queue entre les jambes, face à des forces de guérilla limitées. C'est exactement le scénario qui nous attend, et c'est le prix que nous paierons pour la dynamique molle des relations américano-israéliennes.

Une seule issue : un renouveau du leadership

Il n'existe qu'une seule voie pour qu'Israël s'extraie du cercle vicieux qui nous entraîne vers l'abîme : le remplacement immédiat du leadership politique et militaire responsable de notre situation actuelle. Un nouveau leadership est nécessaire — capable de renforcer le statut international d'Israël, et en particulier de restaurer les relations stratégiques avec les États-Unis, de faire avancer l'accord de paix avec le Liban et les alliances avec d'autres pays arabes. Ce leadership devra œuvrer à la reconstruction de la puissance de Tsahal, au renforcement de la résilience nationale et sociale, et à la promotion de réformes en profondeur dans les secteurs de l'éducation, de la santé et des infrastructures — le tout en gérant de manière responsable et déterminée le déficit budgétaire.