Les manchettes de ce matin (dimanche) crient au scandale à propos du départ forcé de « A », le directeur adjoint du Mossad. Mais ne nous laissons pas égarer par les opérations de communication : l'événement dramatique ici n'est pas le licenciement en lui-même, c'est la subversion profonde qui vient d'être mise au jour. Les actes commis dans les couloirs de notre organisation la plus secrète sont manifestement inacceptables, et ils devraient inquiéter chaque citoyen israélien.
Un homme prêt à tout pour diriger le Mossad
D'après ce que nous comprenons, il s'agit d'un homme qui voulait à tout prix devenir directeur du Mossad — une ambition légitime en soi — mais dont la méthode choisie relève d'une campagne de dénigrement et de salissage. Selon les informations en notre possession, « A » a agi de concert avec Dadi Barnéa, l'ancien directeur du Mossad, et avec l'aide étroite d'une conseillère en communication (celle qui a récemment rejoint le secteur privé et dont le nom reste encore dans le brouillard), dans le but de faire échouer des nominations aux plus hauts échelons.
Leur cible principale était Roman Gofman. Pour entraver son avancement, ils n'ont reculé devant aucun moyen : dénigrement d'un officier de Tsahal, campagne de salissage contre celui qui avait été identifié comme candidat potentiel à la nomination, le tout dans le cadre d'une collaboration troublante — pour ne pas dire dangereuse — avec la conseillère juridique du gouvernement Gali Baharav-Miara. L'objectif était unique : préserver le pouvoir au sein d'une clique, affaiblir le Mossad de l'intérieur, et consolider l'emprise du « deep state » du renseignement.
Une sanction dérisoire face à la gravité des faits
En ce qui me concerne, « A » s'en tire à bon compte. Un directeur adjoint du Mossad qui agit avec une telle subversion contre l'institution et contre le Premier ministre qui a nommé Gofman ne devrait pas simplement rentrer chez lui — il devrait comparaître devant un tribunal disciplinaire. Ces actes ont fait peser un lourd fardeau sur les épaules du Mossad, aussi bien vis-à-vis des services de renseignement étrangers qu'au sein même du système. C'est une tache noire que Dadi Barnéa et « A » portent avec eux.
Cette anarchie, dans laquelle des individus appartenant à ce que j'appelle le « deep militarisme » se permettent d'agir comme une branche autonome sous couvert de « professionnalisme », doit cesser. En quoi le professionnalisme de « A » ou de Dadi Barnéa vaut-il davantage que celui de Roman Gofman ? Qui les a autorisés à décider qui mérite ou non un poste, par le biais de fuites et de campagnes de dénigrement médiatique ?
Un problème systémique qui dépasse le Mossad
Malheureusement, le Mossad n'est pas le seul îlot d'ingouvernabilité. Nous observons un schéma similaire au Shin Bet, où des individus ayant sapé l'autorité du directeur David Zini et œuvré contre l'institution continuent d'occuper leurs fonctions comme si de rien n'était. Chez nous, on dit qu'ils se lavent le visage avec de l'urine et nous font croire que c'est la pluie.
Le directeur du Mossad a bien fait de mettre fin aux fonctions de « A », mais c'est trop peu et trop tard. « A » aurait dû être évincé dans la honte le jour même où cette campagne de diffamation a été découverte. Il est temps de rétablir la gouvernance au sein des bras sécuritaires de l'État et de nettoyer les écuries de ceux qui croient que l'organisation leur appartient, et non à l'État d'Israël.