Le rapport de 19h sur Fox News
Le rapport diffusé à 19h, heure israélienne, sur la chaîne Fox News citait des propos échangés lors d'une conversation entre Trump et Netanyahou : « Un accord avec l'Iran sera signé dans les prochaines heures. J'ai parlé à Netanyahou et je lui ai dit : 'Mais qu'est-ce que tu fais, nom de Dieu ?!' Je lui ai dit de ne plus attaquer le Hezbollah afin de ne pas compromettre les négociations. Je demanderai à l'Iran de ne pas tirer sur Israël. »
Comment Israël en est-il arrivé là ?
La question est de savoir comment Israël a pu se retrouver dans une situation aussi complexe. À la Maison-Blanche siège le président Donald Trump, ami déclaré de Sion. Son vice-président, James David Vance, c'est une autre histoire. Selon des responsables du système de défense israélien, Vance porte un agenda « America First ». Il est opposé aux aventures militaires en Iran et au Liban. Il a agi et continue d'agir pour prévenir et stopper les combats contre l'Iran. En Israël, on est convaincu qu'il a fait échouer l'activation des Kurdes qui devaient mener le renversement du régime iranien. C'est lui qui presse Trump de clore le dossier iranien — vraisemblablement au prix d'une « fin de saison ».
Israël n'a pas su lire les mouvements au sein de l'administration, à la Maison-Blanche ni dans la rue américaine. Sur cette base, Israël a perdu toute influence sur les développements qui se jouent en ce moment même dans les négociations entre Washington et Téhéran. Le comble de l'absurde : le pire ennemi d'Israël négocie avec son allié le plus proche. Sur la table : le programme de destruction d'Israël — nucléaire, missiles balistiques, réseau de proxies. Israël s'est retrouvé hors du débat, ignoré de tous. Israël est devenu l'enfant terrible. Celui qu'on a mis au ban, à qui personne n'a le droit de parler.
L'Iran recompose son équation de la terreur
Pire encore : l'Iran, sous couverture américaine, ne dessine pas seulement des équations — il redéfinit l'équilibre de la terreur. Il comprend que le Hezbollah a raté le coche du 7 octobre 2023. Désormais, ils ont entamé une phase de rattrapage. Ils ont l'intention de reconstruire le Hezbollah, vraisemblablement aussi le Hamas, les Houthis, et l'arsenal de missiles balistiques. Ils entendent le faire sans qu'Israël soit autorisé à interférer dans la montée en puissance de l'Axe du Mal.
Israël enchaîne les erreurs
Israël commet erreur sur erreur. Le fait qu'Israël se soit empressé d'expliquer que le bombardement d'un appartement de quatre pièces avec double exposition était seulement une réponse mesurée et limitée à la violation de sa souveraineté et aux tirs de drones en direction de la Galilée, alors que des enfants israéliens étaient en chemin vers leurs écoles, est révélateur. La réaction du grand maître du barbecue Benjamin Netanyahou et du ministre de la Défense Israël Katz : « Conformément aux directives du Premier ministre Benjamin Netanyahou et du ministre de la Défense Israël Katz, Tsahal a frappé dans le quartier de Dahiyeh à Beyrouth des cibles terroristes de l'organisation terroriste Hezbollah, en réponse aux tirs du Hezbollah sur le territoire israélien. Israël ne tolérera pas de tirs sur son territoire. »
C'est un communiqué mou, dans lequel Israël reconnaît lui-même la capacité de l'Iran à être de facto le souverain au Liban. Permettez-moi d'être direct : si Israël identifie une menace à Dahiyeh susceptible de mettre en danger ses soldats ou l'État, il doit frapper — sans se réfugier derrière des excuses d'enfants de maternelle du type : « C'est eux qui ont commencé. » Jusqu'au 28 février de cette année, Israël agissait partout au Moyen-Orient dès qu'il identifiait un danger : à Gaza, partout en Syrie, en Iran, au Yémen, et il a même tenté de le faire au Qatar. Il a agi des centaines, voire des milliers de fois, à travers tout le Liban.
Israël doit reprendre l'initiative
Israël doit agir à nouveau avec puissance s'il veut intervenir à Dahiyeh. N'envoyez pas deux avions pour bombarder un appartement de quatre pièces avec double exposition, avec des munitions dont le coût dépasse de dix fois la valeur de l'appartement. Et d'ailleurs, après la frappe à Dahiyeh, le Hezbollah a tourné Israël en ridicule en tirant des dizaines de roquettes et de drones supplémentaires, dont une partie est retombée sur le territoire israélien. À ce stade, Israël s'est engagé sur la voie directe vers un prochain 7 octobre. Israël doit briser cette dynamique en cassant les règles du jeu — il n'a de toute façon plus grand-chose à perdre, étant déjà l'enfant mis au ban.