Une stratégie d'endiguement à bout de souffle

Le Hezbollah au Liban, les Houthis au Yémen et d'autres acteurs continuent de servir de bras armés d'une seule et même stratégie iranienne : non pas remporter une grande guerre, mais user leurs adversaires dans la durée.

Pendant de nombreuses années, l'Occident — et dans une certaine mesure Israël également — a adopté une approche de gestion des conflits. L'objectif n'était pas de trancher, mais d'éviter l'escalade. Plutôt que de résoudre le problème, il s'agissait de le contenir. Plutôt que de démanteler la menace, on cherchait à la réduire. Plutôt que de transformer la réalité, on tentait de la gérer.

Deux visions s'affrontent

La première conception préconise de poursuivre la politique d'endiguement : exercer une pression, répondre aux attaques, conduire des contacts diplomatiques et éviter autant que possible une large escalade. Selon cette approche, même sans solution complète, il est possible de maintenir une stabilité relative dans la durée.

La seconde conception soutient que cette stratégie est épuisée. Selon elle, l'Iran et ses mandataires interprètent la retenue comme une faiblesse, les arrangements provisoires comme une opportunité de se réorganiser, et les cessez-le-feu comme des périodes de reconstitution des forces militaires. Si telle est bien la réalité, alors toute trêve non accompagnée d'un démantèlement effectif des capacités ennemies ne fait que repousser le prochain affrontement.

Et que pensent les « Trumpologues » ?

Trump aime présenter des succès : une économie forte et des marchés apaisés. Une guerre prolongée dans le Golfe pourrait précisément mettre en péril ces objectifs. D'un autre côté, le président éprouve de grandes difficultés sur le plan politique à absorber des frappes contre des intérêts américains sans y répondre. Si l'Iran continue de cibler des bases américaines ou des voies maritimes, nombreux sont ceux dans le camp républicain qui exigeront une réponse bien plus ferme.

La vraie question

De l'analyse des différentes perspectives, il ressort que la question n'est pas de savoir si Israël veut la guerre — aucun État ne veut la guerre. La question est de savoir si Israël est prêt à continuer de vivre dans une situation où, tous les quelques années, il est contraint de payer à nouveau le prix de l'absence de décision tranchée.

L'expérience historique du Moyen-Orient fournit de nombreux exemples : des accords signés mais non appliqués, des résolutions internationales restées lettre morte, des forces de surveillance incapables d'empêcher le réarmement, et des organisations terroristes ayant profité des périodes d'accalmie pour se renforcer. Le résultat a presque toujours été identique : le cycle suivant est arrivé, parfois plus grave que le précédent.

La diplomatie, oui — mais sans patience illimitée

Cela ne signifie pas qu'Israël doit renoncer à la diplomatie. Bien au contraire. Israël doit signifier clairement à l'Iran, au Hezbollah et à tout autre acteur hostile que la porte à un arrangement n'est pas fermée. Quiconque choisira la voie du désarmement, la cessation de l'agression et la reconnaissance des règles du jeu régional trouvera un partenaire pour le dialogue. Mais dans le même temps, Israël doit faire comprendre que l'ère de la patience illimitée est révolue.

En conclusion, la question n'est pas de savoir si Israël préfère la paix à la guerre — la réponse à cela est évidente. La question est de savoir s'il est possible de parvenir à la paix lorsque l'autre partie croit que le temps joue en sa faveur. Si l'Iran et ses mandataires continuent de croire que l'Occident et Israël redoutent davantage une décision tranchée qu'une guerre d'usure, ils continueront de s'en tenir à cette même stratégie.