Ils comprennent qu'il n'y a plus beaucoup d'acheteurs pour cette « paix » que nous vendaient ceux qui étaient « fatigués des victoires » et convaincus que les Arabes et les musulmans qui nous entourent l'étaient tout autant — et qu'ils se précipiteraient donc dans nos bras pour une accolade de paix. Il suffirait de reculer. De mettre fin à « l'occupation ». D'établir un État palestinien au cœur du pays.
La « paix », on ne nous la promet plus — mais le « règlement politique » est devenu l'objectif tant convoité. Sans lui, nous ne pourrons pas quitter le Liban, ni nous retirer de Syrie, ni nous désengager de Gaza, et le port d'Eilat restera fermé. Sans « règlements politiques », nous serons contraints de continuer à combattre l'Iran — si nous persistons, obstinés et réfractaires à la paix que nous sommes — pour qu'il ne dispose pas d'armes nucléaires, ni de missiles balistiques, et pour qu'il ne finance et n'arme pas les organisations terroristes qui nous entourent.
Des voix intérieures qui épousent les arguments de l'ennemi
Il y a parmi nous des gens qui adoptent chaque argument de nos ennemis et y voient la justice absolue. Nous sommes désormais habitués à voir en notre sein des individus qui consacrent leur vie à amplifier le narratif arabe. Non seulement concernant la « Nakba » de la guerre d'Indépendance, non seulement concernant la « seconde Nakba » de la guerre des Six Jours, mais aussi concernant « Épées de fer ».
Personne chez nous — même dans les tréfonds de la gauche délirante — n'aurait songé à critiquer la politique des États-Unis et d'Israël visant à priver l'ennemi existentiel de sa capacité à nous frapper. Mais lorsque Trump a fait volte-face il y a deux semaines, déclarant qu'il était acceptable que l'Iran possède des missiles balistiques « parce que d'autres pays en ont aussi », la volte-face s'est immédiatement propagée chez nous.
Des éditorialistes et des chercheurs et chercheuses de haut rang ont aussitôt affirmé que l'État d'Israël ne pouvait pas continuer à exiger que l'Iran soit privé de tels armements. Et que si nous persistions, nous nous condamnerions à une guerre prolongée avec l'Iran. Et que sans le soutien des États-Unis, nous devions « œuvrer à un règlement politique ».
De quel « règlement politique » parle-t-on ?
Un tel règlement qui amènerait l'Iran à démanteler son industrie nucléaire, balistique et à dissoudre ses proxys qui nous combattent ? Un « règlement politique » avec le Hezbollah ? Avec la Turquie ? Avec le Hamas ? Avec l'Autorité palestinienne ? Avec l'Arabie saoudite ? Sous la garantie de papier de quelque force multinationale qui ne tirerait pas une seule balle contre des terroristes arabes ?
Le traité de Versailles, qui mit fin à la Première Guerre mondiale, imposa à l'Allemagne de lourdes restrictions : une petite armée sans sous-marins, seulement six navires de guerre, pas d'avions, ni de chars, ni d'artillerie lourde. L'argument « mais d'autres pays en ont » n'effleura alors l'esprit d'aucun imbécile. Après la Seconde Guerre mondiale, l'Allemagne fut interdite de toute armée (cela changea durant la Guerre froide face à l'URSS et dans ses suites), et l'armée et la marine impériales japonaises furent entièrement dissoutes.
Peu importe que tous les autres États aient eu des armées. Celui qui menaçait la sécurité du monde en fut désarmé et empêché — au moins temporairement — de nuire. On peut peut-être comprendre que Trump se soit découragé de tenter de soumettre l'Iran. On peut peut-être comprendre pourquoi il ne voulait pas perdre ses élections de mi-mandat à cause de la hausse des prix du pétrole — mais la justification morale selon laquelle « d'autres pays en ont aussi » était parfaitement risible.
Soit, pour lui. Mais pourquoi les ennemis d'Israël en notre sein se sont-ils empressés d'adopter cet argument absurde ? Les Iraniens sont l'ennemi. Nous ne voulons pas qu'ils se renforcent. « En vertu de notre droit naturel et historique » à la vie et à l'existence indépendante, nous exigeons que nos ennemis ne disposent pas d'armes pour nous anéantir. Et si nous découvrons qu'ils s'en dotent — nous prévenons le mal avant qu'il ne frappe.
La question palestinienne instrumentalisée
Il n'essaie même pas d'expliquer comment un « État palestinien » empêcherait l'Iran de continuer à chercher à nous détruire. Il n'est pas stupide. Il sait qu'il n'existe aucun lien entre les ambitions de l'Iran et les Palestiniens. Il le sait aussi concernant la Turquie, l'Arabie saoudite et l'Égypte. Mais en tant que quelqu'un qui souhaite voir la ruine d'Israël en tant qu'État juif, il tente de grappiller quelques voix supplémentaires auprès d'une gauche israélienne pour qui même les « Démocrates » américains ne sont pas assez à gauche.