Le statut international d'Israël

Les dirigeants du monde s'étaient rendus à la table d'Ehoud Olmert pour lui exprimer leur soutien — à Israël comme à lui personnellement. C'était le témoignage de la puissance diplomatique de l'État d'Israël et du large soutien dont il bénéficiait (Netanyahu, alors chef de l'opposition, avait lui aussi été convié à ce dîner, et il s'y était naturellement rendu). Le gouvernement Olmert n'avait pas hésité à mener des opérations militaires offensives, parmi lesquelles la Deuxième Guerre du Liban, au cours de laquelle les infrastructures du Hezbollah dans le quartier de Dahiyeh à Beyrouth avaient été massivement bombardées. Ce même gouvernement avait décidé de frapper le réacteur nucléaire syrien et d'engager l'opération Plomb durci, qui avait causé d'importants dégâts dans la bande de Gaza. Malgré tout, le soutien international à Israël avait alors atteint l'un de ses sommets historiques. La raison en était claire : le gouvernement Olmert parlait de paix et œuvrait pour la paix.

Le gouvernement Netanyahu actuel, en revanche, a conduit à l'effondrement total du statut international d'Israël. En poursuivant une guerre sans fin, il transmet la conviction que la sécurité ne peut s'obtenir que par des moyens militaires. La destruction à Gaza serait garante de la sécurité d'Israël, car « dans notre voisinage », seule la force est comprise et respectée. Le discours sécuritaire des dirigeants du pays met l'accent sur la puissance des frappes contre les ennemis, sur les bombardements, les éliminations ciblées et la peine de mort infligée aux terroristes.

L'humiliation de Netanyahu par Trump

Tel était le prolongement d'une habitude prise par Trump : humilier Netanyahu. Le prélude s'était produit lorsque Netanyahu avait dû s'excuser par téléphone auprès du dirigeant du Qatar pour la frappe maladroite qu'Israël avait effectuée sur son territoire. La suite fut l'exclusion totale d'Israël des négociations américaines avec l'Iran sur la fin de la guerre — négociations au cours desquelles les concessions qui seraient exigées d'Israël étaient pourtant en discussion.

L'impression qui se dégage est que les téléspectateurs des chaînes vouées au culte de Netanyahu — et peut-être l'ensemble des habitants d'Israël — vivent dans une bulle où Israël apparaît comme un État presque normal : une puissance forte et économiquement prospère, qui frappe ses ennemis, contrôle des zones de sécurité à Gaza, en Syrie et au Liban, et bombarde et élimine à tout va.

L'image qui se dessine dans le reste du monde est radicalement différente. Le traitement réservé à Israël ne diffère guère de celui infligé à l'Iran. Les deux pays sont haïs dans la même mesure — et selon certaines versions, Israël l'est encore davantage. L'Iran est soumis à des sanctions ; Israël est devenu un État paria, exposé à des boycotts dans de nombreux domaines. Ses ennemis ont en ligne de mire le modèle sud-africain : celui d'un régime d'apartheid qui s'est effondré sous l'effet du boycott mondial.

La question palestinienne de retour sur la scène

L'autre bulle dans laquelle Israël est enfermé concerne les Palestiniens, contre lesquels il est en guerre — une guerre dont un chapitre dramatique s'est ouvert avec le massacre atroce du 7 octobre. Les Palestiniens ont subi d'immenses pertes humaines et matérielles en conséquence. Gaza a été dévastée et la majorité de ses habitants plongée dans une existence difficile et misérable. Pourtant, les Palestiniens ont enregistré des acquis non négligeables.

Premièrement, c'est un fait : après près de trois ans de guerre, le Hamas contrôle toujours l'ensemble de la population de la bande de Gaza et une part considérable de son territoire. Ce résultat désastreux est le fruit de la stratégie erronée du gouvernement Netanyahu, délibérément conçue pour prolonger la guerre et choisissant de laisser la population sous contrôle du Hamas.

Deuxièmement, c'est un fait : la question palestinienne est revenue sur la scène internationale — elle est « sur la table ». L'un des succès de Netanyahu avant la guerre avait été les accords de paix (Accords d'Abraham) avec plusieurs États arabes — dont les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Maroc — qui avaient contourné les Palestiniens en les ignorant de facto. Le grand espoir d'Israël était de pouvoir associer l'Arabie saoudite aux Accords d'Abraham et de normaliser ses relations avec l'ensemble du monde musulman, sur la base du postulat que le problème palestinien n'existait pas. Aujourd'hui, rien n'est moins certain.

Une leçon venue des Hasmonéens

Le phénomène par lequel un conflit local entraîne une ingérence étrangère nous est familier depuis l'époque des Hasmonéens, lorsque les fils de la reine Salomé Alexandra — Hyrcan II et Aristobule II — se disputaient le pouvoir. Les deux frères firent appel au général romain Pompée pour arbitrer leur conflit. Pompée choisit de conquérir la Terre d'Israël et Jérusalem. De nos jours, la confrontation avec le Hamas a engendré des frictions avec la Turquie, après que le navire Mavi Marmara eut tenté en 2010 de briser le blocus naval de la bande de Gaza. La guerre des Glaives de fer, déclenchée par l'attaque du Hamas contre Israël, a elle aussi provoqué des ingérences extérieures impliquant le Hezbollah, les Houthis et l'Iran. Un apaisement sur le front palestinien réduirait le risque de voir se reproduire de tels développements.

Vers un rapprochement avec les Arabes israéliens

La première étape en ce sens exige d'améliorer le traitement des Arabes israéliens et, sur le plan politique, de resserrer les liens avec les forces qui le souhaitent et le méritent. Il est pour le moins stupéfiant de voir une série de partis déclarer qu'ils ne siégeront pas dans un gouvernement soutenu — fût-ce par abstention — par Raam, le parti de Mansour Abbas, qui a condamné le massacre d'octobre, reconnaît Israël comme État juif et appelle à des relations pacifiques entre Juifs et Arabes. Tout ce que je peux estimer, c'est que si Netanyahu a, après les élections, la possibilité de former un gouvernement avec l'appui de Raam, il n'hésitera pas à le faire — et sera même encensé pour cela par les chaînes d'information qui lui vouent un culte.