Une rhétorique qui se répète sans se réaliser

Tout au long de l'existence d'Israël, de nombreuses personnalités se réclamant amies d'Israël ont critiqué le pays en affirmant qu'il avait causé un tort irréparable à ses relations avec les États-Unis. Mais à chaque fois, ces mises en garde se révèlent excessives. Après l'attaque contre le réacteur nucléaire irakien, on annonçait que le président Reagan allait abandonner Israël. Après l'affrontement entre Shamir et Bush père, on proclamait que l'ère des relations spéciales entre les deux pays touchait à sa fin. Après le discours provocateur de Netanyahou devant le Congrès américain en 2015, on assurait que la rupture avec les États-Unis était irrémédiable. Aucune de ces prédictions ne s'est réalisée.

Il est indéniable qu'une érosion significative du soutien à Israël s'est produite au sein de l'électorat du Parti démocrate, et plus particulièrement dans sa jeune génération. Il ne faut pas non plus ignorer une tendance négative qui se dessine chez une partie des sympathisants républicains. Israël doit tout mettre en œuvre pour redresser la situation. Mais de là à proclamer « nous avons perdu l'Amérique », le fossé est immense. Une large majorité de républicains et d'électeurs indépendants continue de soutenir Israël.

Le soutien du Congrès à Israël est bien plus important que ce que reflète la couverture médiatique américaine. La coopération sécuritaire, militaire, dans le renseignement et la technologie entre les deux pays est à son apogée.

L'effet Mamdani et le calcul de 2028

La victoire de Zohran Mamdani à l'élection à la mairie de New York a marqué un tournant radical au sein de l'électorat démocrate, vers la gauche progressiste. Il semble que les dirigeants démocrates qui se voient déjà candidats pour 2028 aient adopté une ligne de critique intransigeante envers Israël afin de séduire leur électorat. Se pourrait-il que les déclarations acerbes d'Emanuel, qualifiant Israël d'« État lépreux », visent elles aussi à lui rallier des voix pour les prochaines élections ?

Un timing qui interroge

Enfin, il est difficile d'ignorer le moment choisi par Emanuel pour se rendre en Israël et faire entendre sa position — précisément alors qu'Israël se prépare aux élections d'octobre. Imaginons la réaction aux États-Unis si un candidat à la primature en Israël se rendait là-bas à l'été 2028, pour y prononcer des discours, accorder des interviews et délivrer des messages particulièrement hostiles envers le président en exercice. Il aurait vraisemblablement été expulsé de la ville, la tête basse.