Et qu'a fait l'opposition ? Exactement le chemin inverse. Ceux qui prêchaient depuis des mois que la guerre devait se terminer par un arrangement politique, que le gouvernement libanais était l'interlocuteur légitime et qu'il fallait le renforcer face au Hezbollah — expliquent désormais que l'accord n'a aucune valeur, qu'il ne vaut pas le papier sur lequel il a été signé et qu'il n'y a aucune chance qu'il soit respecté. Pour eux, c'est soudainement la victoire décisive qui est requise, et non le compromis.

Le même document. Les mêmes signatures. Seuls les porte-parole ont changé. On a la sensation qu'il ne s'agit pas d'un débat sérieux sur la sécurité d'Israël, mais d'une compétition olympique de sauts entre positions.

Ma position, en revanche, n'a pas changé. J'ai toujours préféré un accord à la guerre. Même un accord imparfait vaut généralement mieux qu'un nouveau cycle de morts, de blessés et de déplacés. On peut toujours violer un accord et reprendre les armes, s'il n'y a pas d'autre choix. Mais on ne peut pas ramener à la vie celui qui est tombé au combat.

Nous avons presque tout essayé au Liban : nous avons combattu, conquis, occupé, nous nous sommes retirés, nous avons éliminé, bombardé. Nous avons payé un prix lourd, et les Libanais aussi ont payé un prix lourd — et au bout du compte, la réalité n'a pas changé comme nous l'espérions.

Peut-être qu'un accord, même imparfait, même largement imposé par les États-Unis, mérite au moins sa chance. Non par naïveté, mais par lucidité. Il va de soi qu'une condition fondamentale de tout accord est notre puissance et notre force. Avec un gouvernement arrogant, nous sommes en danger — nous l'avons appris le 7 octobre.

Si chez les politiciens les opinions changent selon la place occupée dans l'hémicycle, chez les familles endeuillées il n'y a ni coalition ni opposition. Il n'y a qu'un prix terrible. Un accord vaut toujours mieux que la guerre, et un compromis vaut mieux que l'effusion de sang.