Cela paraît utopique ? Pas du tout. Le projet IMEC n'est pas une vision lointaine, mais une initiative dans laquelle tous les acteurs clés de la région et du monde ont intérêt à voir aboutir. Les menaces pesant sur les voies maritimes du détroit d'Ormuz et de Bab-el-Mandeb ont démontré à quel point le commerce mondial est vulnérable, ce qui a considérablement renforcé la volonté des pays du Golfe de trouver des alternatives terrestres sécurisées.
Pour que cette vision prenne corps, les dirigeants du G7 doivent passer des déclarations aux actes. Les hommes d'affaires et les investisseurs internationaux ne consentiront pas à injecter des milliards de dollars dans des infrastructures régionales tant qu'il existera un risque que tout parte en fumée lors du prochain conflit. C'est pourquoi les futurs plans de reconstruction pour les Palestiniens, le Liban et la Syrie ne devraient pas être menés comme des projets nationaux isolés fondés sur des dons, mais s'inscrire dans un réseau panrégional d'économie et d'infrastructures. Parallèlement, il convient de mobiliser activement les institutions financières et les investisseurs privés, et de lancer dès à présent des projets simples et rapides de partenariats dans les domaines de l'eau, de l'énergie et de l'électricité.
Il est évident que l'économie seule ne saurait remplacer les accords politiques. Elle peut néanmoins créer les conditions qui permettront aux compromis politiques d'aboutir.