En tant qu'Israélien, homme public et officier de réserve, ce qui me préoccupe avant tout, c'est deux choses.
Le Liban, premier motif d'inquiétude
Israël ne doit pas retomber dans la vieille erreur de la tolérance silencieuse et du calme artificiel. Le Hezbollah constitue une menace extrême pour les habitants du Nord et représente le bras armé central de l'Iran au Moyen-Orient. Tout accord qui ne permet pas le démantèlement réel de la menace au sud du Liban est un accord qui appelle la prochaine guerre.
Ces derniers mois, les civils du Nord et les soldats de Tsahal ont payé un lourd tribut à cause de drones, de missiles et de menaces terroristes construits pendant des années sous le parapluie iranien. Même aujourd'hui, le Hezbollah envoie un message sans équivoque : il n'a nullement l'intention de se désarmer volontairement — bien au contraire, il cherche chaque jour à tuer nos meilleurs fils.
Israël ne peut accepter une réalité dans laquelle l'Iran obtient des allègements économiques et de l'oxygène diplomatique qui permettraient au Hezbollah de conserver des milliers de roquettes, de drones et de capacités terroristes à notre frontière nord. Après le 7 octobre, on ne peut plus vivre d'illusions. Une menace qui n'est pas éliminée à temps finit par exploser au visage.
La crédibilité de l'Occident en question
La seconde chose qui me préoccupe, c'est le statut de l'Occident en général, et des États-Unis en particulier, face à l'axe du Mal. Le monde observe aujourd'hui Washington et pose une question simple : l'Amérique est-elle encore capable de mener le combat contre le Mal mondial, ou cherche-t-elle simplement une porte de sortie discrète ?
La Chine, la Russie, le Hamas, le Hezbollah et les Houthis scrutent chaque faiblesse occidentale à la loupe. Quand l'Occident signale sa lassitude et son désir de compromission, l'axe du Mal le perçoit immédiatement. Et cela ne s'arrête pas au Moyen-Orient — ce signal se projette également vers Moscou et Pékin.
La prudence s'impose, mais la patience aussi
Et pourtant, au-delà de toutes ces inquiétudes, il faut s'armer de patience et d'humilité. Il se peut qu'il y ait ici une manœuvre plus subtile que ce qui apparaît à première vue. Donald Trump a déjà prouvé par le passé qu'il sait mener des négociations de manière imprévisible et utiliser des déclarations publiques pour dérouter ses adversaires. Il est donc prématuré de trancher si nous sommes face à une capitulation stratégique dangereuse ou à une manœuvre destinée à exercer une pression supplémentaire sur l'Iran.
L'histoire impose la prudence : le monde a déjà vu des dirigeants occidentaux tenter d'acheter la paix face à des régimes extrémistes par des accords et des promesses.
L'accord de Munich de 1938, par lequel la Grande-Bretagne et la France ont cédé à l'Allemagne nazie la région des Sudètes en Tchécoslovaquie, fut vendu comme un succès diplomatique censé prévenir une guerre mondiale — mais il est devenu en réalité le symbole de la faiblesse face aux nazis, avec les conséquences que l'on sait.
Je veux croire que Trump comprend cette leçon. S'il souhaite laisser l'héritage d'un dirigeant fort, et non celui de quelqu'un qui a permis à l'axe du Mal de se renforcer sous son mandat, il doit s'assurer que cette fois l'histoire ne se répète pas. Au Moyen-Orient, nous avons appris à nos dépens, et douloureusement, que la faiblesse n'apporte pas la paix — elle engendre, à Dieu ne plaise, le massacre et la prochaine guerre. Nous vivons des moments historiques : avec détermination et sagesse, nous vaincrons cette fois encore, avec l'aide de Dieu.