Il faut regarder la réalité en face : les 60 jours de l'accord de cessez-le-feu pourraient très vite se transformer en 120 ou 240 jours de négociations sans fin entre Washington et Téhéran. Sur ce terrain-là, l'influence israélienne est marginale, et c'est pourquoi nous devons laisser les actes dicter les résultats. La réalité régionale actuelle, à l'ombre des négociations américano-iraniennes, n'augure rien de bon.

Nous ne sommes pas les seuls à nous inquiéter ; tous les pays de la région, de l'Arabie saoudite aux Émirats arabes unis, observent les volte-face américaines avec une profonde anxiété. Plus les Américains accordent de marge de manœuvre aux Iraniens, plus les États modérés cherchent à constituer une force de contrepoids. Israël se trouve pour l'instant en retrait, mais nous devons nous concentrer sur la création d'une nouvelle réalité sécuritaire qui garantisse que nous ne reviendrons jamais au désastre du 7 octobre.

Le message de Nétanyahou au Liban : « Nous resterons aussi longtemps que nécessaire »

En ce qui concerne le Liban, il faut prêter une oreille attentive au message du Premier ministre Benjamin Nétanyahou : « Nous resterons aussi longtemps que nécessaire. » Le sens en est limpide : tant que le Hezbollah constitue une menace ou tente d'imposer des faits sur le terrain, Tsahal sera présent. Les Libanais eux-mêmes comprennent que le seul ancrage stable dans la région est l'État d'Israël.

Dans ce contexte, il est important de revenir sur le comportement de l'état-major. La liberté d'action de nos combattants est totale, y compris au-delà de la ligne bleue, et toute tentative de faire croire que leurs mains seraient liées est fausse. Malheureusement, le Premier ministre a récemment dû recadrer le chef d'état-major et l'associer aux communiqués communs, car nous avons assisté à un phénomène préoccupant de politisation au sein même de l'état-major. Nous avons connu par le passé des chefs d'état-major aux ambitions politiques, mais jamais un chef d'état-major qui dirige une véritable machine politique, avec des liens étroits avec certains médias et des messages conçus pour servir un agenda précis.

Le paysage politique : Nétanyahou, seul interlocuteur crédible face aux Américains

Lorsqu'on examine les alternatives politiques, le tableau est encore plus préoccupant. Gadi Eisenkot, par exemple, s'exprime dans le langage de la gauche woke américaine. Il soutient clairement l'idée d'un État palestinien et se dit même prêt à accepter une Iran nucléaire. Quand on y ajoute l'attachement de Bennett à l'autonomie palestinienne et ses alliances avec des figures comme Mansour Abbas et Ahmad Tibi, on comprend que Nétanyahou est le seul acteur capable de parler aux Américains dans leur langue — non seulement sur le plan linguistique, mais en termes de concepts et d'intérêts nationaux. La relation entre Nétanyahou et Trump est semblable à une relation familiale : même lorsque des disputes éclatent, les fondations restent solides et survivront aux crises.

Les turbulences internes au Likoud : du bruit pour rien

Enfin, on ne peut ignorer les remous internes au sein du Likoud. Les titres des journaux tentent de gonfler les manœuvres de David Bitan contre Nétanyahou, mais il faut replacer les choses dans leur juste proportion. Bitan est comme la fourmi qui grimpe sur l'éléphant et s'écrie : « Allez, on est partis ! » Avec tout le respect dû aux 200 membres du bureau central ou aux décisions du tribunal du Likoud — lui-même composé d'apparatchiks aux intérêts personnels — aucun d'entre eux n'est capable d'apporter ne serait-ce qu'un demi-siège lors d'élections nationales. Nétanyahou est le seul à savoir mobiliser des millions de voix, et il n'a qu'un seul objectif en tête : une victoire écrasante aux élections pour assurer l'avenir du pays.

En fin de compte, la question qui se pose aux membres du Likoud et à l'ensemble du public israélien est simple : quel est l'intérêt supérieur du pays ? Est-ce de céder aux querelles d'appareils et aux ambitions de carriéristes, ou de continuer à mener une ligne ferme et intransigeante face aux menaces existentielles qui pèsent sur nous ? La réponse est évidente pour quiconque voit clair. Nétanyahou se bat aujourd'hui pour la résilience d'Israël à Gaza, en Judée-Samarie et au Liban, et tout le reste ne sont que des « bavardages matinaux » de gens qui ne mesurent pas l'ampleur de l'heure. Le combat oppose l'éléphant à la fourmi — et je fais confiance à l'éléphant pour nous mener à bon port.